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LIVRE -XXXVI.
f<<v. 1809 . pareils débats , connus de tout le monde à Madrid, devaientproduire de déconsidération pour la nouvelle royauté. Haïedes Espagnols, méprisée des Français , il était bien difficile
« A l'Empereur.
«SlRIi, Madrid, le 17 Février 1809.
»Je vois avec peine, par la lettre de V. M., n° 2, qu’elle e'conte sur lesaffaires de Madrid des personnes intéressées à la tromper. V. M. n’a pasdans moi une entière confiance, et cependant la place n’est pas tenable sanscela. Je ne répéterai plus ce que j’ai écrit plusieurs fois sur la situation desfinances ; je donne toutes mes facultés aux affaires depuis huit heures dumatin jusqu’à onze heures du soir; je sors une fois par semaine; je n’ai pasun sou à donner à personne; je suis à ma quatrième année de règne, et jevois encore ma garde avec le premier frac que je lui avais donné il y a troisans, je suis le but de toutes les plaintes; j’ai tontes les préventions àvaincre; mon pouvoir réel ne s’étend pas au delà de Madrid, et à Madridmême je suis journellement contrarié par des gens qui sont fâchés que leur
système ne soit plus en vogue. V. M. avait ordonné le séquestre des bien 9
de dix familles, il a été étendu à plus du double; toutes les maisons logeablessont occupées par des gardes-scellés; sixmille domestiques des séquestrés sontdans les rues; tous demandent l’aumône; les plus hardis essaient de voler oud’assassiner. Mes officiers, tout ce qui a sacrifié avec moi le royaume deNaples, est encore logé par billet de logement. Sans capitaux, sans contri-butions, sans argent, que puis-je faire? Ce tableau, quel qu’il soit, n’est pasexagéré, et tel qu’il est, il n’épouvanterait pas mon courage, le ciel m’ena donné assez pour cela; mais ce que le ciel m’a refusé, c’est une organisa-tion capable de supporter les insultes et les contrariétés de ceux qui medevraient servir, et surtout de résister aux mécontentements d’un homme quej’ai trop aimé pour pouvoir jamais le haïr. — Ainsi, sire, si ma vie entièrene vous a pas donné dans moi la confiance la plus aveugle, si je dois êtreinsulté et humilié jusque dans ma capitale, si je n'ai pas le droit de nommerles commandants et les gouverneurs que j’ai toujours sous les yeux, si Y. M. neveut pas me juger sur les résultats, et permet qu’on élève un procès sur
chaque pas que je fais, dans ce cas, sire, je n’ai pas deux partis à prendre.
— Je ne suis roi d’Espagne que par la force de vos armes, je pourrais ledevenir par l’amour des Espagnols, mais pour cela il faut que je puissegouverner à ma manière.
»De V. M., sire, le dévoué serviteur et frère, «Joseph.»
»SlRE, Madrid, le 19 mars 1809.
»V. M. me prescrivait, par sa lettre du 11 février, de conserver à M. deEréville le direction des affaires relatives aux condamnés, en m’annonçantqu’elle voulait conserver les biens de ces dix familles pourm’ôter la tentationde les leur rendre. — Je suis bien indisposé aujourd’hui contre M. deFréville; j’ai respecté comme je l'ai dû les biens de ces dix condamnés et