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LIVRE XXXVI.

FeV. 1809.

Reconstitution<ie l'armee <lucentre sous legénéral Vénégas,et de l’arméed’Estremaduresous le généraldon Grégorio dela Cuesta.

Position du gé-néral de La Ko-mana au nord derEspagne, entrela (jîalice et lePortugal.

disputées qui soient profondément senties, et ils étaient prêts àrecommencer indéfiniment uneguerre qui necoûtait de désastresqu’aux villes, qui plaisait à leur activité dévorante, et répondait àtous leurs sentiments religieux et patriotiques. S’ils avaientd’ailleurs été découragés un moment par leurs nombreusesdéfaites, ils avaient repris courage en apprenant le départ deNapoléon et la guerre d’Autriche. Retirée à Séville, où elleétait plongée plus profondément dans l’ignorance et le fana-tisme de la nation, la junte continuait de souffler au peupletoutes ses fureurs. Composée d’un mélange de vieux hom-mes d’État incapables de comprendre les circonstances nou-velles, et de jeunes fanatiques incapables d’en comprendreaucune, contrariée par mille résistances, elle dirigeait laguerre comme on peut le faire dans des temps de désordre.Mais elle animait, excitait, poussait aux armes les populationsde Valence, de Murcie, d’Andalousie, d’Estrémadure, cor-respondait avec les Anglais, et envoyait sans cesse de nou-velles recrues aux armées de l’insurrection. L’Angleterre luifournissant en quantité des armes, des munitions, des subsi-des; elle avait reformé l’armée du centre, confiée depuis labataille de Tudela au duc de l’fnfantado, et depuis la batailled’Uclès au général Catojal. L’armée d’Estrémadure battue àBurgos, à Somo-Sierra, à Madrid, s’en étant vengée par lemeurtre de l’infortuné don Juan Benilo, avait été recrutée etconfiée au vieux Grégorio de la Cuesta, qui semblait avoirrepris entre les généraux espagnols un certain ascendant, uni-quement parce que n’ayant pas livré de bataille, il n’en avaitpas perdu. Ces deux armées échelonnées, l’une sur les rou-tes de la Manche, depuis Ocana jusqu’au val de Penas (voirla carte n° 43), l’autre sur les routes de l’Estrémadure, depuisle pont d’Almaraz jusqu’à Mérida, devaient inquiéter Madrid,et disputer le terrain aux troupes françaises qui tenteraientde descendre vers le midi. Dans le nord de l’Espagne, legénéral de La Romana, qui avait suivi la retraite des Anglais,