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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

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f«jv. 1809 . L’année du général Moore qui aurait dù périr dans sa re-traite à travers la Galice, mais qui avait, bien que faiblementpoursuivie, perdu ses chevaux, une partie de son matérielet un quart de son effectif, avait été ramenée sur les côtesde l’Angleterre. Là on la recrutait avec des engagés, sortisdes fameuses milices qui devaient jadis résister à l’expéditionde Boulogne, et qui, depuis que l’expédition de Boulognen’occupait plus personne en Angleterre, fournissaient avecleurs débris une ample matière à recrutement. Ainsi enagitant le monde entier, Napoléon avait partout suscité dessoldats. L’Angleterre, pensant avec raison que la guerred’Autriche était une dernière occasion, offerte par la fortunequ’il ne fallait pas laisser échapper, avait résolu dans cettecampagne de faire les plus grands efforts pour attaquer Na-poléon sur tous les points, et lui préparer partout des obsta-cles et des périls. Elle avait le projet non-seulement de re-commencer une expédition dans la Péninsule malgré le mau-vais succès de celle du général Moore, mais d’en organiserune formidable contre les côtes de France, de Hollande et duHanovre. Le dénûment dans lequel Napoléon était forcé delaisser les côtes du continent, depuis Bayonne jusqu’à Ham-bourg, offrait bien des chances de détruire les grandes flottesconstruites à Rochefort, à Lorient, à Brest, à Cherbourg, à

Expéditions ma- Anvers. L’idée d’assaillir l’Escaut et d’y livrer aux flammes

ritimespre'parées

contre la pénin l e s magnifiques chantiers élevés sur les bords de ce fleuve,

suie, les côtes ° 1 1

Belgique 0 et de 0CCU P a 't en particulier le cabinet britannique, et provoquaitAoiiande. c h ez | u j un singulier redoublement de zèle. Le moins en ef-fet qu’il pût faire pour l’Autriche et pour lui-méme, c’étaitde mettre le littoral européen à feu et à sang, afin de détour-ner de Vienne et de Madrid une partie des forces dirigéesvers ces deux capitales. Mais en attendant qu’on fût entière-ment fixé sur ces vastes projets de destruction, le plus presséc’était l’Espagne. Il fallait la secourir sans retard, si on nevoulait la voir succomber avant que l’Autriche eût réussi à la