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LIVRE XXXVI.
F^v. 1809.
Préparatifs dumaréchal Soultpour entrer enPortugal.
tugal que le moins possible, et à rendre précaire la situationdes Français à Madrid, par la seule présence des Anglais àLisbonne. Il fut donc arrêté qu’on le ferait partir avec desforces qui devaient porter à 30 mille hommes l’armée britan-nique en Portugal, et avec des ressources, soit en munitions,soit en argent, qui mettraient à même de lever une nom-breuse armée portugaise. L’enthousiasme insurrectionnel desPortugais, parvenu au comble depuis l’expulsion du généralJunot, permettait de tout espérer de leur part. Ils accou-raient en effet au-devant des Anglais, et se prêtaient à leursleçons militaires avec un zèle qui ne pouvait être inspiré quepar la passion-la plus vive.
Tels étaient les changements survenus dans la Péninsule àla seule annonce de la guerre d’Autriche : de soumise quel’Espagne semblait être quand Napoléon l’avait quittée, ellese levait de nouveau 1 de délaissée qu’on la croyait par sesalliés, elle allait être de nouveau secourue par les Anglais, etoccupée par eux, pour n’en être plus abandonnée qu’à la finde la guerre!
Les instructions de Napoléon avaient désigné le mois defévrier comme le moment convenable pour l’entrée du maré-chal Soult en Portugal. Il avait supposé que ce maréchal,arrivé en mars à Lisbonne, aiderait le maréchal Victor à oc-cuper Séville et Cadix presque en même temps, et que laconquête du midi de la Péninsule se trouverait ainsi achevéeavant les chaleurs de l’été. Mais les événements devaientbientôt montrer qu’il lui serait plus facile à lui d’être maîtrede Vienne, qu’à ses généraux de dépasser la ligne du Tageet du Douro. Le corps du maréchal Soult, à peine remis desfatigues qu’il avait endurées pendant sa marche sur la Co-rogne , avait été réuni entre Saint-Jacques de Composte!, Vigoet Tuy, pour s’y reposer, s’y refaire, et réparer le matérield’artillerie, auquel avaient été jointes plusieurs pièces de fortcalibre, pour le cas où l’on aurait quelque muraille de ville