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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCHEREN.

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Le lendemain 27, le général Sébastiani étant arrivé n’hésitapas à reprendre l'offensive. Il porta les dragons et les lan-ciers polonais au delà du pont, pour s’ouvrir ce débouché enobligeant l’armée espagnole à lui céder du terrain. Puis ildéfila avec toute son infanterie, et, la formant en colonned’attaque au moment où elle passait le pont, il assaillit l’arméeespagnole, à peine remise des charges de la cavalerie fran-çaise. En un clin d’œil cette armée fut culbutée par les régi-ments de la division Sébastiani, qui avaient fait les campagnesd’Autriche, de Prusse et de Pologne, et qu’aucune troupen’était capable d’arrêter. Les Espagnols s’enfuirent en dés-ordre sur Ciudad-l\eal en abandonnant leur artillerie, 2 millemorts ou blessés, et près de 4 mille prisonniers. Le généralMilhaud dépassa Giudad-Real, et les poursuivit jusqu’à Alma-gro. Le lendemain on poussa jusqu’à la Sierra-Morena, àl’entrée de ces mêmes défilés témoins du désastre du généralDupont, et on ramassa encore un millier de prisonniers et800 blessés. Ainsi, dans ces journées du 27 et du 28 mars,qui étaient celles de l’arrivée du maréchal Soult devant Oporto,on enlevait 7 à 8 mille hommes à l’armée du centre, 13 ou 14mille à l’armée d’Estrémadure, et on leur aurait ôté toute con-fiance, si les Espagnols n’avaient pas eu cette singulière pré-somption qui fait perdre les batailles, mais qui empêche ausside sentir qu’on les a perdues.

Les deux brillantes victoires que nous venons de racontercomblèrent de joie la cour de Madrid, et éclaircirent un peu letableau rembruni qu’elle se faisait de la situation. Josephespéra devenir bientôt maître du midi de l’Espagne par lamarche du maréchal Victor sur Séville, et par celle qu’il necessait de demander instamment du maréchal Suchet surValence. Il réitéra au général Lapisse l’ordre de descendrede Salamanque sur Mérida , car la réunion de cette divisionétait pour le maréchal Victor la condition indispensable detout succès ultérieur. Joseph croyait même qu’il suffirait de

Mars 1609.

Bataille et vic-toire de Ciudad-Real.

Satisfaction duroi Joseph, et es-pérances qu’ilconçoit à la suitedes victoires deMedellin et deCiudad-Real.