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LIVRE XXXVI.
Mars 1809.
Medellin et deCiudad Real.
battu, ne disgracia point Gregorio de la Cuesta, car le systèmede réparer des échecs par des disgrâces de généraux com-mençait à être discrédité, lui envoya des renforts, et adressade nouveau à l’Espagne et à toutes les nations un manifestepour leur dénoncer ce qu’elle appelait la criminelle entreprisedes Français contre la royauté légitime. Le peuple , répon-dant à son zèle, n’en fut pas moins hardi à se lever partoutoù il n’était pas sous la main immédiate des Français, de ma-nière qu’en réalité le mouvement avancé du général Sébas-tiani et du maréchal Victor sur la Guadiana était plutôt uneaggravation de difficultés qu’un avantage. Plusieurs postesen effet furent enlevés sur la route de Ciudad-Real. La villede Tolède, en voyant le maréchal Victor à vingt ou trentelieues d’elle, faillit s’insurger. Les habitants des montagnesqui s’étendent entre Salamanque et Talavera, inondèrent deguérillas les bords du Tietar et du Tage, jusqu’à menacer lepont d’Almaraz. Il n’y avait que quelques jours d’écoulés de-puis les deux victoires de Medellin et de Ciudad-Real, quedéjà il fallait envoyer de Madrid l’adjudant commandant Moc-query avec 500 hommes pour contenir Tolède, l’adjudantcommandant Bagneris avec 600 hommes pour garder le pontd’Almaraz. 11 fallut enfin réparer les petits forts de Consuegraet de Manzanarès pour échelonner la ligne de communicationdu général Sébastiani avec Madrid Ainsi dans cet étrange
1 Extrait des mémoires matmscrits du maréchal Jourdan.
« Dan» d’autres parties de l'Europe, deux batailles, comme celles de Mc-dellin et de Ciudad-Real, auraient amené la soumission des habitants de lacontrée, et les armées victorieuses auraient pu continuer leurs opérations.En Espagne, c’était tout le contraire: plus les revers essuyés par les arméesnationales étaient grands, plus les populations se montraient disposées à sesoulever et à prendre les armes ; plus les Français gagnaient du terrain, plusleur position devenait dangereuse. Déjà les communications avec le généralSébastiani étaient interceptées; déjà plusieurs officiers, plusieurs courrierset quelques détachements avaient été massacrés. Une insurrection futmême sur le point d’éclater à Tolède, où il n’était resté qu'une faible garni-son. L’adjudant commandant Mocquery y arriva fort à propos, avec un