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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Avril 1809.

Translation dumaréchal Mortieri\ Burgos.

Composition d'uncorps de huitmille hommes legénéral Keller-mann afin de rétahlir les corn*munications avecles maréchauxSoult et Ney.

L’idée vint fort à propos au roi Joseph et au maréchal Jour-dan d’envoyer le maréchal Mortier, des environs de Logronooù l’avaient fixé les ordres de Napoléon, à Valladolid, pour yrétablir les communications avec le maréchal Ney, et secourirau besoin le maréchal Soult, si ce dernier se trouvait dansune situation embarassante, comment on commençait à lecraindre. Rien n’était plus juste qu’une telle combination,puisque Napoléon lui-même l’ordonnait du fond d’Allemagne,en recevant les dépêches d’Espagne. Mais en attendant quel’on connût au delà des Pyrénées ses récentes volontés, con-çues et exprimées sur le Danube, le maréchal Mortier ayantpour instruction de rester à Logrono, ne pouvait guère pren-dre sur lui de désobéir, et il ne l’osa pas! Tel est l’inconvé-nient attaché aux opérations dirigées de trop loin. Le roiJoseph ayant écrit au maréchal Mortier pour lui prescrire dese rendre à Valladolid, ce maréchal se trouva fort embarasséentre les ordres de Paris et ceux de Madrid. Toutefois partransaction il consentit à se rendre à Burgos. Mais ce n’étaitpas assez pour réprimer les insurgés du nord, et rouvrir lescommunications avec les maréchaux Ney et Soult. On déta-cha de l’armée d’Arragon, à titre d’emprunt momentané, deuxrégiments dont on croyait qu’elle pouvait se passer depuis laprise de Saragosse, et on les envoya au général Kellermann.On tira de Ségovie et des postes environnants un bataillonpolonais et un bataillon allemand, qui furent remplacés pardes troupes de la garnison de Madrid. On prit dans la garnisonde Burgos quelques autres détachements, et avec le tout on com-posa au général Kellermann un corps de 7 à 8 mille hommes, aveclequelil devait se dirigersur la Galice, afin derétablirles commu-nications interrompues dans les provinces du nord.

Ces diverses réunions ne furent achevées que le 27 avril,et le général Kellermann n’arriva que le 2 mai à Lugo, aprèsavoir tiraillé sur toute la route avec les paysans de la contrée.Il trouva le général Maurice Mathieu à Lugo, où celui-ci