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LIVRE XXXVI.
Avril 1809. en Andalousie. Mais ils se décidèrent à le laisser exécuter surle rapport d’un espion parti d’Oporto, qui annonçait que la si-tuation du maréchal Soult y était des plus critiques, et que lesAnglais avaient de nouveau débarqué à Lisbonne. La possi-bilité d’événements sinistres de ce côté rendait indispensablela possession d’Alcantara, car c’était par le Tage et Alcantaraqu’on pouvait venir le plus directement au secours de l’arméede Portugal. Alcantara fut donc repris, les insurgés furentpassés au fil de l’épée, et, immédiatement après, le maréchalVictor retourna par Almaraz sur Truxillo, afin d’empêcherGregorio de la Cuesta de réoccuper les positions dont on l’a-vait chassé en marchant sur Medellin.
Difficile situa- Les nouvelles indirectes qu’on avait reçues d’Oporto n’é-
tlnn du maréchal
souit a Oporto. taient malheureusement que trop fondées. La position du ma-réchal Soult à Oporto était, en effet, devenue des plus diffi-ciles durant le mois d’avril, par la faute des événements, etaussi par celle des hommes '. A peine entré dans celte ville,
1 II n'y a pas dans la longue histoire de nos guerres d'événements plustristes, plus obscurs, plus fâcheux pour nos armes que ceux que nous allonsraconter. Comme ils exigent de l’historien sincère le courage de dire desvérités pénibles, je me suis entouré des renseignements les plus authentiques,et j’ai laissé dans l'ombre tout ce qui n’était pas complètement prouvé. Outreles mémoires véridiques et impartiaux du maréchal Jourdan, encore manu-scrits, j’ai longuement consulté la correspondance intime du ministre de laguerre avec Napoléon. Ce ministre vit, interrogea, envoya même à Schœn-brun un grand nombre d’officiers qui avaient assisté aux événements d’Es-pagne, et dans sa correspondance presque quotidienne ne cessa de raconterà l'Empereur tout ce qu’il apprenait chaque jour. J’ai mis de coté les alléga-tions qui m’ont paru ou hasardées ou injurieuses, pour n’adopter que les ré-cits qui m'ont paru les plus exacts. La justice qui fut saisie d’une partie desfaits, m’a fourni aussi sa part de lumière. La correspondance du duc de Wel-lington, publiée depuis, m’a procuré de son côté des détails fort importants.J’ai eu enfin les papiers des maréchaux qui se trouvèrent en contestationdans cette campagne, et je n’en ai fait que l’usage le plus réservé, ne vou-lant pas les juger d’après ce qu’ils ont dit les uns des autres. C’est à l’aidede tous ces matériaux que j’ai composé le récit qu’on va lire, récit que jecrois équitable, que j'aurais cru rendre beaucoup plus sévère, si je n’avaisvoulu rester fidèle à mon système de justice historique, calme, égale pour