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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Avril 1809.

Mesures militai-res pour l’occu-pation du norddu Portugal.

occupé tout entier en Galice, et quant aux armées qui auraientpu venir du centre, c’est-à-dire de Madrid, par Alcantara ouBadajoz, les instructions de Napoléon prévoyaient bien le casoù le maréchal Soult, maître de Lisbonne, serait appelé à se-conder le maréchal Victor à Séville, mais ne prévoyaient pasl’hypothèse, impossible du reste à réaliser, où le maréchalVictor, maître de Séville, devrait aller au secours de Lisbonne.11 y avait par conséquent le plus grand danger à rester àOporto, au milieu des milliers d’insurgés courant dans tous lessens, en présence d’une armée anglaise prête à prendre l’of-fensive, n’ayant contre tant d’ennemis aucun espoir de se-cours, et il fallait sur-le-champ où rétrograder franchementjusqu’au Minho, ou remonter par Bragance vers la Vieille-Castille, afin de venir s’appuyer à la masse principale des ar-mées françaises opérant dans le centre de l’Espagne, de mettreainsi entre soi et les Anglais des espaces difficiles à franchir,et de se réserver ultérieurement l’alternative, ou d’être utileen Espagne, ou de reparaître en Portugal avec des forces suf-fisantes pour s’y maintenir. Surtout avec les Anglais, il fallaitse conduire de manière à n’avoir désormais ni un échec, nimême une action douteuse ’. Mais pour rétrograder à propos,il faut autant de résolution que pour s’avancer hardiment, etce n’est, à la guerre comme ailleurs, que le privilège desesprits fermes et clairvoyants.

Une fois à Oporto, le maréchal Soult, n’osant ni marcher surLisbonne, que les Anglais gardaient avec 18 mille hommes, nimanquer aux volontés de Napoléon, qui avait prescrit la con-quête du Portugal, se contenta de rester où il était, en aban-donnant à la fortune le règlement de sa conduite ultérieure.De fâcheuses illusions qui naquirent dans son esprit de circon-stances toutes locales, contribuèrent aussi à l’abuser, et à luifaire perdre un temps précieux. Il avait, comme on l’a vu,

1 Ce jugement n’est point le mien, mais celui du maréchal Jourdan et deNapole'on à Schœnbrunn, exprimé dans une correspondance fort détaillée.