TALAVERA ET WALCHEREN.
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envoyé, le général Heudelet à Tuy pour débloquer son dépôt,laissé un détachement à Braga pour garder cette ville impor-tante, distribué sur sa gauche des postes considérables soit àPenafiel, soit à Àmaranthe pour s’assurer des routes de Chaveset de Bragance, et obtenir ainsi le double résultat de contenirle pays, et d’en occuper les communications. A Amaranthe,qui était sur le Tamega, il avait placé quelques mille hommessous les ordres du général Loison. Ces mesures étaient bienentendues quoique insuffisantes, et elles produisirent sur lepays, saisi par tous les côtés à la fois, un court intervalle nonpas de soumission, mais d’immobilité.
Quand les Français furent établis à Oporto, il se manifestadans une partie de la population une disposition, qui s’étaitrévélée déjà plus d’une fois, et qu’un moment de calme renditencore plus sensible. La classe, nous ne dirons pas éclairée,mais aisée, amie de la paix et du repos, avait horreur de lapopulace violente qu’on avait déchaînée, et qui rendait l’exi-stence insupportable à tout ce qui avait quelque humanité,quelque douceur de mœurs. Cette classe ne se faisait pas il-lusion sur le zèle que les Anglais affichaient pour le Portugal.Elle voyait bien que dominant son commerce pendant la paix,voulant pendant la guerre en faire leur champ de bataille, ilsne songeaient qu’à s’en servir pour eux-mêmes, ce qu’ils prou-vaient du reste très-clairement en déchaînant pour leur serviceune multitude féroce, devenue l’effroi de tous les honnêtes gens.Aussi, sans aimer les Français, qui à ses yeux ne cessaient pasd’être des étrangers, elle était prête, dans la nécessité d’opterentre eux et les Anglais, à les préférer comme un moindre mal,comme une fin de la guerre, comme l’espérance d’un régimeplus libéral que celui sous lequel le Portugal avait vécu depuisdes siècles. Quant à la maison de Bragance, la classe dontnous parlons tendait à la considérer, depuis la fuite du régentau Brésil, comme un vain nom, dont les Anglais se servaientpour bouleverser le pavs de fond en comble.
Avril 1809.
Disposition d’es-prit qui se ma-nifeste dans laclasse aisc'e pen-dant l’occupationdes Français.