T.4LAVERA ET WALCHEREN.
59
à l’armée du Rhin, qui se battaient par dévouement à leurs Avril isog.devoirs, mais qui étaient secrètement indignés de voir leursang couler à toutes les extrémités du monde, pour faire desdes rois ou faibles, ou incapables, ou dissolus, et générale-ment peu fidèles à la France. Il y avait dans l’armée de Por-tugal plus d’un officier pensant de la sorte, et parmi eux unsurtout, le général Delaborde, celui qui avait si bien trouvél’art de battre les Anglais, et qui l’avait fait d’une manière sibrillante au combat de Rolica. 11 était fier, intelligent et brave,et il tint un langage que chacun répéta bientôt autour de lui.
Enfin des militaires de caractère plus réservé, uniquementpréoccupés du maintien de la discipline, furent désolés del’effet moral qu’allait produire l’exemple du général en chefparmi des officiers et des soldats déjà trop enclins à s’affran-chir de toute règle, et toujours prêts à se dédommager par lalicence des souffrances qu’ils enduraient dans les pays loin-tains. C’était leur donner soi-même le signal du désordre,c’était surtout diviser l’armée, qui, dans la position périlleuseoù elle se trouvait, avait besoin plus que jamais d’union, deforce et de bonne conduite. Ces sages militaires se préoccu-paient aussi du jugement que porterait l’Empereur de tousceux qui, plus ou moins, se prêteraient à des actes si étranges,contenant une censure involontaire, mais si frappante, de lapolitique impériale?
Le général Quesnel, commandant d’Oporto, adressa quelquesobservations au maréchal Soult ', qui les accueillit mal, et luirépondit avec hauteur, que l’approbation à obtenir de l’Empe-reur le regardait seul, et ne devait point occuper les officiersservant sous ses ordres. — Le sort infligé aux lieutenants dugénéral Dupont prouve, lui répliqua le général Quesnel, quel’Empereur sait au besoin faire descendre la responsabilité dugénéral en chef jusqu’à ceux qui ont partagé ses fautes.
1 Ce détail est rapporté par le ministre de la guerre à l’Empereur dansl’une de ses lettres confidentielles.