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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCHEREN.

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des lieutenants généraux. On comprend tout ce qu’avait de Avril ieoo.dangereux, au milieu d’un pays ennemi, en présence d’une ar-mée anglaise conduite par un capitaine habile, un tel ébranle-ment de la discipline. Bientôt tout s’en ressentit. Le servicese fit avec une mollesse, une négligence, qui eurent des con-séquences déplorables. Oes soldats, obligés d’entrer de viveforce dans chaque lieu habité, autorisés à y exercer le droitqu’on a sur toute ville prise d’assaut, avaient contracté le goûtdu pillage, et malheureusement, depuis le sac d’Oporto, beau-coup d’entre eux étaient chargés d’or. Leur faire abandonnerde telles mœurs était urgent, et on ne le pouvait guère dansl’état d’indiscipline où l’armée tout entière était tombée. Vou-lait-on les ramener à l’ordre, ils se plaignaient d’être sacrifiésà une population dont on cherchait à s’attirer les suffrages.

Les officiers, qui eux-mêmes leur avaient donné l’exemple deces propos, n’avaient plus assez de force pour les réprimer,et en peu de temps le désordre fit de rapides et funestes pro-grès. On ne tarda pas à en avoir la triste preuve dans unétrange incident, qui, quelques mois après, conduisit un offi-cier à une mort infamante.

Dans une pareille situation, l’assiduité à remplir ses devoirs coupables com-

. . . municationsavec

rrétant point facile a demander et a obtenir, les officiers quit- rarmëe anglaise,taient souvent leur poste, sans qu’on s’enquît de ce qu’ilsétaient devenus. Un officier de cavalerie, capitaine au 18 e dedragons, très-intelligent, très-brave, et surtout très-remuant,ayant acquis la faveur de ses chefs par de bons et mauvaismotifs, par la bravoure et par la complaisance, était de ceuxqui disaient tout haut que le Consulat, si glorieux d’abord,converti depuis en Empire, n’était plus que le sacrifice de tousles intérêts de la France à une ambition démesurée. Né dansle Midi, pays royaliste, il était prématurément amené aux sen-timents qui éclatèrent en 1815, quand la France, fatiguée detrente ans de révolution, se jeta dans les bras des Bourbons.

Cet officier avait fréquenté les colonels et les généraux qui se