T AL AVERA ET WALCHEREN.
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mille Français aguerris, et un général habile, cela fût à la ri-gueur possible, il était souverainement imprudent de le ten-ter. Rester était tout aussi impraticable, car il s’agissait tou-jours de combattre et de vaincre l’armée anglaise, en ayantà sa droite, à sa gauche, sur ses derrières la population in-surgée à contenir. Se retirer par les routes qui aboutissaientà la Vieille-Castille, c’est-à-dire par Amaranthe, Chaves, Bra-gance, ou mieux par les routes qui ramenaient en Galice,c’est-à-dire par Braga et Tuy, en revenant vers son point dedépart, était, quoique peu brillante, la seule conduite àsuivre. Ne pas le faire, c’était préférer un désastre à un dé-sagrément.
Malheureusement le maréchal Soult n’y songeait guère.Occupé de pacifier le nouveau royaume de la Lusitanie sep-tentrionale, il avait aboli certains impôts, créé des lampesperpétuelles pour certaines madones, et recueilli le vœu desdiverses villes qu’on avait décidées à demander l’établisse-ment d’une royauté française. Les députations de Braga,Oporto, Barcelos, Viana, Villa de Condé, Feira et Ovar sesuccédèrent, et vinrent en pompe le prier de donner unroi au Portugal. Toutes ces cérémonies avaient l’aspect etla forme du baise-main espagnol. L’armée, qui en étaitspectatrice, redoublait de railleries, tenait des propos capa-bles d’ébranler toute autorité militaire, et n’en était que plusdisposée à négliger ses devoirs. Au milieu de ces vaines oc-cupations, le maréchal Soult apprit que sir Arthur Wellesleyétait débarqué depuis le 22 avril avec un renfort de 12 millehommes, que 30 mille soldats anglais environ, suivis de toutel’insurrection portugaise, allaient marcher sur Oporto, et re-connut enfin que le seul parti à prendre était d’abandonnerla capitale du nouveau royaume projeté. Mais cette tristenécessité, qu’il aurait été bien utile de reconnaître plus tôt,une fois admise, il fallait se décider et agir le plus prompte-ment possible pour ne rien laisser après soi, ni son matériel,
Mai 1809.
Le maréchalSoult, après unelougue inactionreconnaît la ne'*cessite' d’aban-donner le Por-tugal.