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LIVRE XXXVI.
Mai 1809. ni surtout ses blessés et ses malades qu’on ne pouvait livrerà la discrétion d’un peuple féroce. Il fallait choisir sa lignede retraite ou par Amaranthe sur Zamora, ou par Braga surTuy. Se retirer par Amaranthe avait l’apparence d'une ma-nœuvre, qui sauvait l’amour-propre du général en chef, caron semblait se porter sur la gauche des Anglais, sans quittertout à fait le Portugal, tandis que se retirer par Braga, c’étaittout simplement retourner comme on était venu et par lemême chemin. Mais la retraite par Amaranthe était difficileet demandait beaucoup de temps; elle devait s’opérer surune route dont on ne possédait aucun point, en une longuecolonne que les blessés et les malades rendraient encore pluslongue, dont il faudrait protéger la tête et le milieu contrel’insurrection, la queue contre les Anglais. En se retirant parBraga sur Tuy, la route était courte, tout entière aux Fran-çais dans chacun de ses points, et en se concentrant à l’ar-rière-garde avec ses meilleures troupes pour tenir tête auxAnglais, on couvrait de sa masse même tout ce qu’on auraitenvoyé en avant. C’était donc la seule retraite sûre, facile,admissible, quoiqu’elle fût la moins capable de faire illusionsur ce qui allait se passer, c’est-à-dire sur l’abandon forcé duPortugal.
Quoi qu’il en soit, quelque ligne qu’on préférât, il fallait serésoudre sur-le-champ, envoyer vers Amaranthe, si on adop-tait cette dernière direction, une force considérable pour em-pêcher que les Anglais ne franchissent le Douro sur notregauche, et ne coupassent la route qu’on aurait choisie. Il fal-lait surtout faire partir les malades, les blessés, le gros ma-tériel. Le maréchal Soult, averti dès le 8 mai des mouve-ments de sir Arthur Wellesley, se borna à concentrer sesdivers postes de Braga, de Yiana, de Guimaraens sur Ama-ranthe , et à ordonner au général Loison de faire une percéeau delà du Tamega, pour s’assurer le passage de ce petitfleuve. Mais, à Oporto même, il ne fit aucun préparatif de