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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCHEREN.

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jeter directement sans descendre jusqu’à Braga, ce qui luipermettait d’atteindre Chaves avant les troupes du généralBeresford. N’ayant pas d’avance ordonné à Tuy des prépara-tifs pour le passage du Minho, il lui fallait, comme la pre-mière fois, remonter jusqu’à Chaves, pour traverser ce fleuvedans les montagnes vers Orense.

Mais pour franchir cette chaîne, qu’on appelle Sierra deSanta-Cathalina, on était réduit à suivre des sentiers de chè-vre, où les cavaliers ne pouvaient passer qu’en mettant piedà terre, et les artilleurs qu’en abandonnant leurs canons. Ilfallait donc se résoudre au sacrifice de toute l'artillerie. Or,après celui de déposer les armes, il n’y en a pas de plus hu-miliant, parce qu’il n’y en a pas de plus funeste pour unearmée. Mais cette résolution une fois prise, le maréchal Soulteut le mérite de l’exécuter sans perte de temps. 11 fit réunirsur-le-champ son artillerie et ses caissons, pour les faire sau-ter. On eut soin auparavant de mettre sur le dos des soldatstout ce qu’ils pouvaient porter de cartouches; on voulut mêmelivrer une portion du trésor de l’armée à leur avidité, maisce fut en vain, car la plupart avaient déjà leurs sacs rem-plis. La plus grande partie de la caisse fut abandonnée àl’explosion qui détruisit l’artillerie.

Ce cruel sacrifice accompli, on se dirigea sur les flancs es-carpés de la Sierra de Santa-Cathalina, vers laquelle on avaitdéjà acheminé une tête de colonne, et on employa toute lajournée du 13 à la franchir. Les soldats eurent beaucoup àsouffrir pendant cette route, parce qu’ils étaient très-chargés,et avaient à gravir des sentiers fort difficiles. Enfin le soiron arriva à Guimaraens, où l’on trouva le corps du généralLoison qui s’était replié sur cette ville en quittant Amaranthe,et en outre les divers détachements qui sous le général Lorgeavaient évacué le littoral. L’armée était ainsi réunie tout en-tière, et grâce au sacrifice qui l’avait privée de son artillerie,capable de passer partout.

M»i 1809.

L'armée française, réduite àfranchir la Sierrade Santa-Catha-lina, est obligéepour se sauverd’abandonnerson artillerie.