T.4LAVERA ET WALCHEREN.
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da-Ponte. Au fond d’une gorge étroite, où à peine deux Ma > ta»,hommes pouvaient marcher de front, et des hauteurs de la-quelle de nombreux paysans tiraient sur nos soldats, s’offraitun pont couvert d’abatis, dont les Portugais avaient com-mencé la destruction. En même temps on entendait à laqueue de l’armée le feu qui commençait entre notre arrière-garde et l’avant-garde du général Beresford. Il n’y avait pasbesoin de tant de circonstances pour exciter la témérité denos soldats. Ils s’élancèrent bravement dans la gorge, mal-gré le feu des hauteurs, enlevèrent les abatis, tuèrent lesPortugais qui les défendaient, et franchirent le pont. Mais àl’arrière-garde il y eut du désordre, et on perdit un reste debagages porté sur le dos de quelques mulets. On passa outre,fort consolé de cette perte, et on gagna enfin la route d’Orenseoù l’on arriva le 19 mai, exténué de fatigue, sans chaussure,presque sans vêtements, ayant marché souvent sans vivres,par des pluies de printemps, qui dans cette contrée sont hor-ribles. Le plus grand sujet de chagrin, outre la perte du ma- L'armée fran-
. , . , . _ 7 . 7 , çaise arrive le 19
teriel, c’était d avoir laissé a Oporto de nombreux malades, mai à Orense
dans un état dé-
que l’honneur anglais allait protéger sans doute, surtout d’a- piorabie.voir abandonné sur les routes beaucoup de blessés et d’éclop-pés que l’honneur portugais ne protégeait pas du tout, carles insugés les égorgeaient en nous suivant. Quoi qu’on enait dit depuis, la capitulation de Cintra, après la bataille deYimeiro, vaillamment livrée quoique perdue, avait moinscoûté à la gloire de l’armée et à son effectif, que la sur-prise d’Oporto, la destruction de notre artillerie à Pena-fiel, et cette marche précipitée à travers les gorges dela province de Tras-los-Montès. L’état moral de nos trou-pes répondait à leur état matériel. Les soldats, bienque leurs sacs fussent pleins, étaient mécontents de leurschefs et d’eux-mêmes, et tout en persistant dans leurindiscipline, sévères, comme ils le sont toujours, pourceux qui les y avaient laissés tomber. Les railleries sur la