T AL AVERA ET WALCHEREN.
79
Asturies délivrées, était revenu en toutehàte pour débloquer lesvilles menacées. Quand les deux corps furent rapprochés, lesdétails de l’expédition d’Oporto se communiquèrent de l’un àl’autre, et provoquèrent dans celui du maréchal Ney un jugementsévère. Les vieux soldats du maréchal Ney, pauvres, sages, dis-ciplinés, raillèrent les soldats, plus jeunes, plus riches et fortindociles du maréchal Soult, qui n’avaient pas dans leursvictoires une excuse de leur manière d’étre. Ces derniers sejustifiaient en rejetant leurs fautes sur leurs chefs, qu’ils ac-cusaient de tous les malheurs de l’armée ’. 11 était évident
que la paix pouvait être troublée, si les deux corps restaientlong-temps ensemble. Toutefois le maréchal Ney, impétueux,mais loyal, se comporta envers son collègue avec la courtoisied’un généreux compagnon d’armes. Il ouvrit ses magasinspour fournir aux troupes du maréchal Soult une partie de cequ’elles avaient perdu, et s’occupa surtout de remplacer l’ar-tillerie qu’elles avaient été obligées d’abandonner.
Les deux maréchaux, satisfaits l’un de l’autre, avisèrent àla conduite qu’ils avaient à tenir dans le plus grand intérêtdes armes de l’Empereur, comme on le disait alors, du resteavec vérité, car il s’agissait bien plus de la grandeur de Na-poléon que de celle de la France, fort compromise par cesguerres lointaines. Le maréchal Ney, après avoir guerroyéplusieurs mois dans la Galice et les Asturies, conservait en-viron 12 mille combattants présents sous les armes, le maré-chal Soult 17 mille, bien que l’effectif de l’un et de l’autre fûtdu double. Avec cette force, destinée bientôt à s’accroître parles sorties d’hôpitaux, avec cette force employée franchementsans aucun sentiment de rivalité, ils pouvaient achever lasoumission de la Galice et des Asturies, exterminer les insur-gés, et si les Anglais s’obstinaient à rester sur les bords du
1 Je raconte ici exactement ce que les aides de camp du ministre de laguerre, envoyés sur les lieux pour s’informer de letat des choses, lui rap-portèrent à leur retour.
Mai 1809.'
Rencontre desdeux corps dumaréchal Ney etdu maréchalSoult.
Conduite qu'a-vaient à tenir lesdeux maréchauxNey et Soult»une fois re'unis.