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LIVRE XXXVI.
Juin 1809.
Instances duma •rèchal Nev au-près du maréchalSoult pour obte-nir l’exécutiondo la conventionde Lugo.
Silence du ma-réchal Soult, etsa marche surZaïnora.
qui aurait été assez naturelle si elle avait été avouée, puisqueZamora était le but définitif du maréchal Soult, le maréchalNey se crut trahi. Voyant de plus le maréchal Soult, au lieude descendre sur Orense pour en chasser La Romana, s’arrê-ter à Montforte, il n’hésita plus à penser que son collègue luimanquait volontairement de parole. Avant d’en arriver à unéclat, il lui écrivit le 10 une lettre, dans laquelle il l’informaitde sa situation fort périlleuse, lui disait qu’il comptait encoresur l’exécution du plan convenu, mais ajoutait que si, contretoute probabilité, ce plan était abandonné, il le priait de l’enprévenir, car un plus long séjour en face de Vigo, avec la dé-bouché d’Orense ouvert sur ses flancs, serait infinimentdangereux.
Après cette lettre, le maréchal Ney attendit quelques jourssans recevoir de réponse. Frappé de ce silence, voyant laposition des Anglais devenir tous les jours plus forte à Vigo,craignant, s’il s’affaiblissait pour l’enlever, que les insurgés nelui tombassent sur le corps tous à la fois, et que le retourvers la Corogne ne lui devint difficile, il rétrograda sur Saint-Jacques-de-Compostel, le cœur plein d’une irritation qu’ilavait peine à contenir. Là il apprit que le maréchal Soult,loin de descendre le Minho, en avait au contraire remonté lesaffluents pour se rendre par I’uebla de Sanabria sur Zamora.Ce maréchal, en effet, impatient de quitter la Galice pour laVieille-Castille, après être demeuré jusqu’au 11 à Montforte,s’était mis en route pour franchir les chaînes qui séparent cesprovinces. Le général de La Romana voulant l’arrêter danssa marche, il le repoussa, et crut ainsi avoir rempli ses enga-gements, ce qui n’était pas, car battre le général espagnol surles affluents supérieurs du Minho, c’était le rejeter sur le coursinférieur de ce fleuve , c’est-à-dire le ramener à Orense , oujustement il était convenu qu’on ne le laisserait point. Secroyant quitte vers son collègue, il prit la route de Zamora,sans faire aucune réponse à la lettre qu’il en avait reçue. Le