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maréchal Ney, considérant le silence observé à son égard, lamarche sur Zamora, et le secret recommandé au généralRouyer, comme les preuves d’une conduite déloyale enverslui, s’abandonna aux plus violents emportements. 11 était dureste dans une position des plus difficiles, car à peine le ma-réchal Soult avait-il prit sur lui de rentrer en Castille, que LaRomana étant revenu sur Orense, et pouvant se joindre à No-runa, le séjour devant Yigo devenait des plus dangereux.Ayant vu plusieurs fois ses communications interrompues avecle royaume de Léon et la Vieille-Castille, pendant qu’il étaitenfoncé sur le littoral, le maréchal Ney devait s’attendre à lesvoir bien plus gravement compromises, maintenant que lesinsurgés excités par l’approche des Anglais, par la retraitedu maréchal Soult, allaient dominer tout le pays, et, probable-ment, remonter d’Orense jusqu’à Lu go, pour occuper en forcecette position décisive, qui barre complètement la route de laCorogne à Benavente. Si lorsqu’il n’y avait que quelques in-surgés épars, il avait fallu toute la division Maurice Mathieu,donnant la main au général Kellermann, pour rouvrir les com-munications avec Léon et la Vieille-Castille, qu’arriverait-ilquand les généraux Noruiïa et La Romana réunis viendraients’établir en force à Lugo? Un autre danger pouvait surgir,et celui-là était de nature à faire craindre un nouveau Baylen.Les Anglais, venus jusqu’au Minho, avaient à choisir entredeux partis: il pouvaient recommencer la campagne du géné-ral Moore, et se porter en Vieille-Castille, ou bien retournerau midi du Portugal sur le Tage. S’ils prenaient le premierparti et se portaient en Castille, le maréchal Ney avec 10 ou12 mille Français contre 20 mille Anglais et 40 ou 50 milleEspagnols, était perdu. Or, l’idée de capituler comme le gé-néral Dupont, ou de se sauver en sacrifiant son artilleriecomme le maréchal Soult, lui était également insupportable,et il résolut d’évacuer la Galice. Quoique cette déterminationfût grave, et dût entraîner de grandes conséquences, elle était
Juin 1809.
Irritation du maréchai 2s e y enapprenant lamarche du maré-chal Soult surZamora.