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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Juin 1809.

Le maréchalNey. ne secroyant plus assez fortpourres-ter en Galice,évacue cette pro-vince.

Profondes irrita-tions existantentre le corps dumaréchal îiey etcelui du maré-chal Soult,

motivée, et fondée au surplus sur des instructions souvent re-nouvelées , car Joseph et Napoléon, blâmant son ardeur à seporter sur les côtes quand ses derrières n’étaient pas suffi-samment garantis, lui avaient écrit, qu’avant de se consacrerexclusivement à la soumission du littoral, il devait songer àassurer ses communications avec la Vieille-Castille. Lorsquele maréchal Soult était en Portugal, c’était un devoir de boncamarade de garder Orense et Tuy ; mais aujourd’hui que cemaréchal avait évacué le Portugal, il n’y avait plus aucuneraison de rester en Galice, exposé à tous les dangers, notam-ment à celui de se voir enveloppé par les Anglais et les Espa-gnols réunis.

Le maréchal Ney, en prenant la résolution d’évacuer la Ga-lice, n’avait de regret que pour la Corogne et le Ferrol. Maisles Espagnols, jaloux de leurs établissements maritimes, n’é-taient pas gens a se livrer aux Anglais, et d’ailleurs, pour plusde sûreté, il laissa dans les forts du Ferrol une garnison fran-çaise bien approvisionnée; puis, faisant marcher devant lui toutson matériel, n’abandonnant ni un blessé ni un malade, il re-monta lentement vers Lugo, enlevant, égorgeant jusqu’au der-nier tous les postes d’insurgés qui osèrent l’approcher.Parvenu à Lugo , il recueillit les malades du maréchal Soult,et les conduisit avec les siens à Astorga, où il arriva dans lespremiers jours de juillet, n’ayant perdu ni un homme ni uncanon. Là il s’occupa de réorganiser et de refaire son corps.Au moment où il atteignit Astorga, le maréchal Soult entrait àZamora.

L’irritation du maréchal Ney avait passé dans ses soldats,au point que les aides de camp du ministre de la guerre, en-voyés sur les lieux, déclarèrent à celui-ci qu’il y aurait périlà laisser les deux corps l’un auprès de l’autre. Les proposles plus outrageants étaient répandus à Astorga contre lemaréchal Soult et son armée, qu’on accusait de tous lesmalheurs de la campagne, car en partant, disait-on, il avait