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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

.juillet 1809. Le maréchal Soult supposait que les Anglais, fatigués deleur expédition sur le Douro et le Minho, allaient s’arrêter, etqu’ils attendraient pour rentrer en action le moment où lamoisson étant finie, les Espagnols et les Portugais pourraientse joindre à eux, ce qui plaçait en septembre la reprise desopérations militaires. On avait donc, suivant lui, du tempspour s’y préparer et comme il était plus spécialement chargépar la réunion dans ses mains des trois corps d’armées dunord, de rejeter les Anglais hors de la Péninsule, il entendaitopérer par la ligne de Ciudad-Rodrigo et d'Almeida surCoïmbre. C’était, selon son opinion, la véritable route pourpénétrer en Portugal. Dans ce but il fallait entreprendre im-

Av vicomte Castlereagh , secrétaire d'Etat.

«Abrantès, le 17 Juin 1809.

«Mon cher lord,

«Je ne puis me dispenser d’appeler de nouveau votre attention sur l’é-tat de la discipline de l’armée, ce qui est pour moi le sujet de la plus virepréoccupation, et mérite de fixer les regards des ministres de sa Majesté.

«Il m’est impossible de vous décrire tous les désordres et toutes tes vio-lences que commettent nos troupes. Elles ne sont pas plutôt hors de la vuede leurs officiers, je devrais même dire hors de la vue des chefs de corps etdes officiers généraux de l’armée, qu’elles se livrent à des excès; et malgrétoutes les peines que je me donne, je ne reçois pas une dépêche, pas uncourrier qui ne m’apporte le récit d’outrages commis par les soldats laisséseu arrière, soit qu’ils fussent malades et restés dans des hôpitaux, soitqu’ils se fussent écartés de leurs régiments.

«Nous avons un grand prévôt, et pas moins de quatre assesseurs. Ja-mais je ne souffre qu’il marche un seul homme avec les bagages; jamais je nelaisse un hôpital sans un nombre d’ofliciers proportionné au nombre de sol-dats qu’il renferme ; jamais je ne laisse marcher un détachement qu’il ne soitcommandé par un officier; et cependant? il n’y a pas un-outrage, de quel-que genre que ce soit, que n’aient commis envers une population qui nousa unanimement reçus comme des amis, nos soldats, qui, jusqu’à ce moment,n’ont jamais souffert de la moindre privation. ..

«Crojez moi, etc.

«ARTHUR WBW-KSLKY. »