Band 
[Vol. 6.]
Seite
103
JPEG-Download
 

TALAVERA ET WAECHEREN.

103

preuve certaine de l’arrivée du maréchal Soult à Zamora. îs,«Mais sir Arthur Wellesley croyait le maréchal Soult occupépour long-temps à se refaire, et il ignorait la réunion de for-ces opérée en ses mains. Il pensait donc qu’en gardant les ,deux cols par lesquels on débouche de la Vieille-Castille dansl’Estrémadure, ceux de Peralès et de Baros, ou serait à l’abride tout danger de ce côté. Il se chargeait bien de faire gar-der le col de Peralès, placé le plus près du Portugal, par desdétachements de Beresford; mais celui de Baîios, placé plusprès de la Cuesta, lui semblait devoir être défendu par lestroupes espagnoles. Il avait, pour en agir ainsi, une excel-lente raison, c’était de ne pas disperser les troupes anglaises,les seules sur lesquelles on pût compter un jour de bataille,et de consacrer aux usages accessoires les Espagnols, dontle nombre importait peu dans une rencontre décisive, où ilsétaient plus embarrassants qu’utiles. Après de vives con-testations on se mit d’accord, en envoyant sous le généralWilson quelques mille Espagnols, quelques mille Portugais,avec un millier d’Anglais le long des montagnes qui séparentl’Estrémadure de la Castille, afin de flanquer les arméescombinées. On disputa ensuite sur les vivres et les transportsque les Espagnols avaient promis de fournir aux Anglais,moyennant qu’on les leur payât, et qu’ils ne leur fournissaientmême pas contre argent. Les choses furent poussées àce point que sir Arthur Wellesley voyant les Espagnolsbien pourvus, et ses soldats condamnés à toutes les pri-vations, menaça de se retirer si on n’était pas plus exactà lui procurer ce dont il manquait, à quoi les Espagnolsrépondirent que les Anglais n’en avaient jamais assez,qu’ils ne savaient que se plaindre, que là où ils se trou-vaient dans la misère', eux, Espagnols, se regardaientcomme dans l’abondance : contradiction qui s’expliquait faci-lement par la différence de leurs mœurs et de leur manièrede vivre.