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LIVRE XXXVI.

Juillet 1809.

Marche de l'ar-mée française suiTalavera.

Le maréchalVictor se hâte depasser

l’Alberche pourse jeter sur l'ar-mée espagnole,avant qu’elle aitpu atteindre lecamp retranchéde Talavera,

On se borna le soir à coucher à Santa-OIalla. Le lende-main, 27, on partit à deux heures pour profiter de la fraî-cheur, et on se porta sur l’Alberche, afin d’arriver le jourmême à Talavera, dans l’intention de pousser l’armée com-binée sur Plasencia. Le 1 er corps, précédé de la cavaleriede Latour-Maubourg, formait toujours la tête de la colonne.En approchant de l’Alberche, on rencontra sur la gauche lesEspagnols qui passaient en désordre cet affluent du Tage pourse replier sur Talavera, et à droite une colonne d’Anglais quiétaient venus vers Cazalegas au secours de don Gregorio dela Cuesta, malgré leur répugnance à s’associer à ses impru-dences. (Voir la carte n° 50.) Du sommet d’un plateau quidomine le cours de l’Alberche, on apercevait sur l’autre riveune vaste bois de chênes et d’oliviers, et plus loin une suitede mamelons, très-saillants, très-fortement occupés, se liantd’un côté à une haute chaîne de montagnes, de l’autre à Ta-lavera même, et au Tage qui traverse cette ville. La plusgrande partie de l’armée anglaise était en position sur cettesuite de mamelons, derrière une nombreuse artillerie, desabalis, et de solides redoutes. La poussière qui s’élevait au-dessus de la forêt de chênes et d’oliviers, prouvait que lestroupes ennemies qu’on avait combattues la veille étaient enretraite à travers cette forêt, et on pouvait espérer de lesjoindre avant qu’elles eussent atteint la position retranchéede l’armée auglaise. Le maréchal Victor, qui avait grandeconfiance dans ses vieux soldats; qui ne connaissait pas en-core les soldats anglais, et qui, grâce à son grade élevé,croyait pouvoir prendre beaucoup sur lui, s’empressa de pas-ser l’Alberche à gué avec ses trois divisions. Il s’avança, ladivision Ruffin à droite, celle de Villalle au centre, celle deLapisse à gauche, Latour-Maubourg en flanqueur, et envoyadire au roi Joseph de le faire appuyer par le corps du gé-néral Sébastiani et par la réserve. Bien familiarisé avecles lieux, qu’il avait souvent parcourus, il se flattait, si les