TALAVERA ET WALCHEREN.
115
était égaré. Ces deux régiments arrivant sur le terrain ducombat trouvèrent le 9 e léger en retraite, mais non en déroute,et conservant sous le feu des Anglais un aplomb inébranlable.11 avait perdu trois cents hommes dans cette tentative avor-tée. Son colonel Meunier avait reçu trois coups de feu. Lemaréchal Victor ne crut pas pouvoir pousser plus loin cet en-gagement nocturne, et pensa qu’il convenait de donner quelquerepos à des troupes, qui, parties de Santa-Olalla à 21 heures dumatin, combattaient près de Talavera à 10 heures du soir. Onbivouaqua où l’on était, sur le plateau qui faisait face aux An-glais. A gauche la cavalerie liait les troupes du maréchalVictor avec celles du général Sébastiani et de la réserve, quiavaient enfin passé l’Albercho et s’étaient déployées en facedu centre de l’ennemi. Les dragons de Milhaud à l’extrêmegauche observaient la grande route de Talavera. De ce côtéles Espagnols, poussés vivement par notre cavalerie, se trou-vaient dans une confusion extraordinaire, et s’établissaientcomme ils pouvaient dans leur position. Tout troublés, ils secrurent attaqués en entendant la fusillade de la division Ruf-fin, et se mirent à tirer dans l’obscurité, sans savoir ni surqui, ni pourquoi. Aussi prétendirent-ils le lendemain avoireu à repousser une violente attaque de nuit. Ce qui étaitmoins pardonnable, les Anglais placés du même côté répétè-rent ce mensonge.
Le lendemain 28, jour mémorable dans nos guerres d’Espa-gne, le maréchal Victor tenant à réparer l’échec fort acciden-tel de la veille, voulut entrer en action dès l’aurore, ne doutantpas de l’emporter cette fois quand l’attaque du mamelon seraitexécutée avec l’ensemble convenable. Parcourant le terrainà cheval, voyant l’armée anglaise établie sur la suite des ma-melons dont on avait assailli le principal, l’armée espagnolederrière des clôtures, des abalis, des bois, il se persuada denouveau qu’en enlevant celui de ces mamelons qui était placévis-à-vis de notre droite, l’armée combinée, arrachée en quel-
8 *
Juillet 18C9.
Nouvelle attaquele 28 au matin,exécutée sansordre et sanssuccès par lemaréchal Victor.