118
LIVRE XXXVI.
•Juillet 1£09.
Opinion du roa-reViial Victor.
Hésitations deJoseph termi-nées par une dé-pêche du maré-chal Soult, etrésolution deIhrer bataille.
Mais il n’était plus temps d’opérer ainsi, parce que sir ArthurWellesley était averti par deux tentatives successives du vraipoint d’attaque, parce qu’il était jour, parce que le moindremouvement serait aperçu, et que le général ennemi ne man-querait pas de reporter à sa gauche autant de troupes quenous en reporterions à notre droite; que d’ailleurs en exécu-tant ce changement de front, on n’aurait, pour se retirer encas d’échec, que les routes inpraticables qui conduisent àAvila, et que la retraite, si elle devenait nécessaire, ne pour-rait se faire qu’en sacrifiant l’artillerie et les équipages del’armée. Dans cette état de choses, l’attaque de front étantdouteuse, l’attaque de flanc trop tardive et de plus périlleusepour la retraite, il fallait temporiser, se replier derrière l’Al-berche, y choisir une position défensive, et attendre que lemaréchal Soult avec ses trois corps réunis débouchât sur lesderrières de l’armée anglo-espagnole.
Le maréchal Victor, rempli d’ardeur, ayant le désir de sedédommager des deux tentatives infructueuses de la veille etdu matin, confiant dans l’énergie de ses troupes, soutint quec’était faute d’appui vers le centre que ses attaques n’avaientpas réussi; que si le quatrième corps, celui du généralSébas-tiani, se portait suivi de la réserve contre le centre de l’arméeanglaise, il se faisait fort, avec son corps seul, de s’emparerdu mamelon qui était la clef de la position. Il répéta plusieursfois qu’il fallait renoncer à faire la guerre, si, avec des troupescomme les siennes , il n’enlevait pas la position de l’ennemi.Joseph , placé entre la froide prudence du maréchal Jourdan,et la fougue entraînante du maréchal Victor, hésitait, ne sa-chant quel parti prendre, lorsqu’arriva une lettre du maréchalSoult annonçant que, malgré ce qu’il avait promis, il ne pour-rait pas être avant le 3 août sur les derrières des Anglais.Pourtant le corps du maréchal Mortier était le 26 à Salaman-que, le corps du maréchal Soult était le même jour moitié àSalamanque, moitié à Toro, et il semble que rien n’aurait dû