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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Juillet 1809.

Ordre définitif dela retraite adres-sé au maréchalVictor et au gé-nérai Sébastian!.

les raisons qu’on avait de pousser à bout cette journée, en op-posant à sir Arthur Wellesley une constance égale à la sienne.Joseph, touché de ces raisons, allait céder à l’avis du maré-chal Victor, lorsque divers officiers accoururent lui dire quedes détachements espagnols, remontant les bords du Tage,semblaient gagner l’Alberche; lorsque d’autres, arrivant deTolède en toute hâte, vinrent lui apporter l’inquiétante appa-rition de Vénégas devant Aranjuez et Madrid. Le caractèreincertain de Joseph ne résista point à l’effet redoublé de cesrapports: il craignit d’être tourné; et confirmé dans son appré-hension par le maréchal Jourdan, qui blâmait la bataille, ilfit dire au maréchal Victor de se retirer, et d’indiquer augénéral Sébastiani le moment précis de sa retraite, pour quecelui-ci opérât la sienne simultanément.

Le maréchal Victor n’osant pas désobéir cette fois, mandaau général Sébastiani qu’il battrait en retraite vers minuit,mais il réitéra ses instances auprès de Joseph pour être auto-risé à continuer la bataille le lendemain. Joseph passa unepartie de la nuit dans de cruelles perplexités, entouré d’offi-ciers qui disaient, les uns qu’on était débordé par la droite etpar la gauche, les autres au contraire que les Anglais parais-saient immobiles dans leur position et hors d’état de faire unpas en avant. Placé ainsi entre la crainte d’être débordé s’ilpersévérait à combattre, et celle d’être accusé de faiblesseauprès de l’Empereur s’il ordonnait la retraite, il apprit toutà coup que l’armée quittait sa position, et fut de la sorte tiréde son irrésolution par les événements, qu’il ne conduisaitpas. En effet le général Sébastiani, ayant reçu l’avis queVictor avait lui donné par obéissance , en avait conclu qu’ildevait se replier, et s’était replié effectivement. Le maré-chal Victor, de son côté, qui aurait voulu rester en positionpour recommencer le lendemain, voyant le général Sébastianise retirer, finit par rétrograder aussi, et toute l’armée le 29 àla pointe du jour se trouva en mouvement pour repasser