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LIVRE XXXVI.
Août 1809.
Nouveaux effortsdes Anglais surle continent pen-dant que Napo-léon estàSchœ.n-brunn, occupé ànégocier età renforcer sesarmées.
vers la Péninsule les forces qu’il attirait en ce moment versl’Autriche. Au surplus tandis qu’il écrivait à Joseph que Ta-lavera était une bataille perdue, il disait à Altenbourg quec’était une bataille gagnée (assertions également fausses), et ilfaisait raconter avec détail l’état pitoyable dans lequel l’arméeanglaise se retirait en Portugal, car les événements ne l’inté-ressaient plus que par l’influence qu’ils pouvaient exercer surles négociations entamées avec l’Autriche.
Mais il n’était pas au terme des difficultés que lui prépa-raient les Anglais, .soit pour venir au secours de l’Autrichequ’ils avaient de nouveau compromise, soit pour satisfaireleur ambition maritime. Ils n’avaient cessé, depuis l’ouver-ture de la campagne, de promettre à la cour de Vienne quel-que grosse expédition sur les côtes du continent, et par lescôtes du continent ils entendaient les côtes septentrionales,car toute expédition en Espagne, fort utile à la politique ma-ritime de la Grande-Bretagne, était dans le moment presqueindifférente pour l’Autriche. Une armée anglaise de plus oude moins en Espagne ne pouvait y faire venir ou en faire par-tir un régiment français. Il en était autrement d’une tenta-tive sur les côtes de France, de Hollande, ou d’Allemagne: surles côtes de France ou de Hollande elle devait y attirer lesrenforts destinés à l’Autriche; sur les côtes d’Allemagne ellepouvait y déterminer une explosion. Aussi, depuis l’ouver-ture des négociations, n’avait-on cessé de demander aux An-glais l’accomplissement de leur promesse. D’ailleurs, commeil s’agissait de détruire des ports, de brûler des chantiers,d’exercer en un mot des ravages maritimes, on pouvait s’enfier à leur zèle, et s’il y avait retard, il ne fallait l’imputerqu’à la nature des choses, ou à l’inhabileté de leur gouverne-ment, qui, tout haineux et puissant qu’il fût, n’était pas con-duit avec le génie qui présidait alors aux opérations du gou-vernement français. Ils avaient perdu Nelson et Pitt : il leurrestait à la vérité sir Arthur Wellesley, supérieur à l’un et à