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LIVRE XXXVI.
Fev. 1809. Vu la plus grande facilité d’agir contre Rochefort, où il n’yavait qu’une flotte à incendier, ils avaient été en mesure debonne heure. Les préparatifs plus longs, plus vastes plus dispen-dieux contre Anvers, n’étaient encore qu’une menace non exé-cutée, pendant que l’on combattait à Wagram et à Talavera.
Expédition de L’expédition dirigée contre Rochefort avait été prête dèsRochefort 1
le mois d’avril. À Rochefort étaient réunies en ce momentdeux belles divisions navales, sous les ordres du vice-amiralAllemand. Elle y étaient par suite d’une combinaision deNapoléon, fort ingénieuse, mais fort périlleuse, comme toutescelles auxquelles il était obligé de recourir sur mer. D’aprèsses ordres, le contre-amiral Willaumez avait dû sortir de Brestavec une division de six vaisseaux et de plusieurs frégates,recueillir en passant la division de Lorient, puis celle deRochefort, se rendre aux Antilles, y porter des secours envivres, munitions et hommes, revenir ensuite en Europe, tra-verser le détroit de Gibraltar, et jeter l’ancre à Toulon, oùse préparait peu à peu une grande force navale, soit pourjoindre la Sicile à Naples, soit pour approvisionner Barcelone,soit enfin pour menacer l’Égypte, que Napoléon n’avait pasrenoncé à reprendre un jour. L’amiral Willaumez, parti eneffet dans le mois de février, avait manqué la division de Lo-rient, par crainte de s’y trop arrêter, et n’avait pas trouvécelle de Rochefort prête à mettre à la voile à son apparition,ce qui l’avait forcé à s’arrêter à Rochefort même. Cette réu-nion avait porté à 11 vaisseaux et à 4 frégates, la force na-vale mouillée dans ce port. Le brave vice-amiral Allemand,qui avait si heureusement traversé le détroit de Gibraltarpour rallier Ganteaume en 1808, et qui avait exécuté aveclui l’expédition de Corfou, venait d’être appelé au comman-dement de l’escadre de Rochefort. Ses instructions lui pres-crivaient de prendre la mer à la première occasion. C’étaitun bel armement, que celui dont il disposait, bien que, sousle rapport du personnel, cet armement laissât beaucoup à dé-
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