TALAVERA ET WALCHEREN.
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sirer, comme il arrive toujours quand une marine est réduite Mars la»,à se former dans les rades. Les Anglais avaient conçu le projetde détruire la flotte deRochefort, par les plus terribles moyens •
qu’on pût imaginer, fussent-ils au delà de ce que la guerrepermet en fait de cruautés et de barbaries.
Ils n’avaient pas la prétention de remonter la Charente pourse présenter à Rochefort même. C’est ailleurs qu’ils voulaientfaire une tentative de ce genre, car elle exigeait une armée etils n’en avaient pas deux à leur disposition. Mais à Rochefort, Force de l'expe-
, . dition navale di-
ils voulaient détruire la flotte française au mouillage. L’amiral £8* contre uGambier fut donc envoyé avec treize vaisseaux, grand nombre réun J? Ai ^ 1 llede frégates, corvettes, bricks et bombardes devant Me d’Àix,et il vint hardiment mouiller dans la rade des Rasques, pro-fitant de ce qu’à cette époque ces parages si importants n’é-taient pas encore assez défendus. Le fort Boyard n’existaitalors qu’en projet. Les Anglais avaient résolu de convertir enbrûlots une masse considérable de bâtiments, et de les sacri-fier, quoi qu’il pût leur en coûter, à la chance de brûler l’es-cadre française. Ordinairement lorsqu’on veut employer cemoyen d’une légitimité contestée à la guerre, parce qu’il estatroce (comme le bombardement des places quand il n’est pasabsolument indispensable), lorsqu’on veut, disons-nous, em-ployer ce moyen, on se sert d’anciens bâtiments qu’on charged’artifices incendiaires, quelquefois même de machines à ex-plosion. Après les avoir transformés ainsi en volcans prêts àfaire éruption, on les conduit devant une flotte, puischoisissant le moment où le vent et le courant les por-tent vers le but, on les abandonne à eux-mêmes après y avoirmis le feu, ne retirant les équipages que lorsque l’imminencedu péril oblige à les sauveter dans des chaloupes. Un seulsuffit souvent pour produire d’immenses ravages. Ce moyenest surtout dangereux quand l’escadre qu’on attaque est nom-breuse, rapprochée, et que les brûlots sont assurés, quelquepart qu’ils tombent, de causer du mal. Le danger s’accroît