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LIVRE XXXVI.
Avril m naturellement avec la quantité des brûlots. Les Anglais eurentidée d’en porter le nombre à trente, ce qui ne s’était jamais• vu, et ce qui n’était possible qu’à une marine infiniment puis-
sante, ayant dans son vieux matériel des ressources considé-rables à sacrifier. Trente bâtiments consacrés à périr pouren détruire peut-être trois ou quatre, c’était agir avec unefureur qui ne calcule pas le mal qu’elle essuie, pourvu qu’elleen fasse à l’ennemi. On avait poussé la passion de la des-truction jusqu’à placer parmi ces bâtiments-brûlots des fré-gates , et même des vaisseaux, afin que la force d’impulsionfût plus grande contre les obstacles que les Français pour-raient leur opposer. Les Anglais demeurèrent une vingtainede jours au mouillage, pour préparer cette expédition sansexemple dans les annales de la marine, disposant à mesurequ’ils les recevaient, sur les bâtiments destinés à périr, lesmatières qui devaient les rendre si formidables.
Dispositions de Le vice-amiral Allemand, en les voyant mouillés aussi
l'amiral Allemand , , . ,
pour garantir la longtemps dans Ja rade des Basques, ne put pas douter de
ilotte qu’il com-mande des dan- l’exislcnce d’un projet incendiaire contre le port de Rochefort
gers dont elle 1
est menacée. e t contre la flotte. Il plaça ses onze vaisseaux et ses quatrefrégates sur deux lignes d’embossage fort rapprochées l’unede l’autre, et appuyées à droite par les feux de l’ile d’Aix, àgauche par ceux du bas de la rivière. Elles présentaient unedirection non pas opposée au courant mais parallèle, de ma-nière que les corps flottants destinés à les atteindre, au lieude venir les heurter, passassent devant elles. Le vice-amiraly ajouta la précaution d’une double estacade, l’une à 400toises, l’autre à 800, formée de bois flottants fortement liésensemble, et fixés à l’aide de lourdes ancres qu’on avait jetéesde distance en distance. A mesure que le moment critiqueapprochait, il organisa en plusieurs divisions les chaloupeset les canots des vaisseaux, les arma de canons, les fit mon-ter par des hommes intrépides, qui, munis de crochets,étaient chargés de harponner les brûlots et de les détourner