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LIVRE XXXVI.
juillet 1809. faire le sacrifice pour s’alléger, ne réussit point à se relever.
Après des efforts inouïs, continués sous le feu des Anglais, sevoyant condamné à sombrer à la marée haute, il débarquases hommes sur une pointe de rocher , d’où ils pouvaient àmarée basse gagner l’île Madame, puis il partit le dernier, enmettant lui-même le feu à son navire, qui s’abîma de la sortesous les couleurs françaises.
Ainsi sur onze vaisseaux quatre périrent, non par la ren-contre des brûlots, mais par le désir de les éviter. Le braveamiral Allemand était au désespoir quoiqu’il en eût sauvésept, sans compter les frégates qui, sauf une seule, furent tou-tes conservées. 11 les fit remonter dans la rivière et désar-mer. Son désespoir se convertit en une irrascibilité si grande,qu’il fut impossible de lui laisser le commandement de Roche-fort. Le ministre Decrès l’envoya à Toulon avec ses équipa-ges qu’on fit voyager par terre, afin d’armer les vaisseaux dela Méditerranée. Il fallait à Rochefort de nouveaux travauxde construction, avant qu’on pût y former une nouvelle divi-ujsuiiats dt- s ' on - L’amiral Gambier regagna les côtes d’Angleterre, avec1 e K^hefou. ' Ie la gloire douteuse d’une expédition atroce, qui avait coûté àl’Angleterre beaucoup plus qu’à la France. Le résultat le plusréel de cette expédition fut une profonde intimidation pourtoutes nos flottes mouillées dans des rades, et une sorte detrouble d’esprit chez la plupart de nos chefs d’escadre, quivoyaient des brûlots partout, et imaginaient les plus étrangesprécautions pour s’en garantir. Le ministre Decrès, malgréses rares lumières, ne fut pas exempt lui-même de cette forteémotion, et proposa à l’Empereur de faire rentrer à Flessin-gue la belle flotte construite dans les chantiers d’Anvers, etmouillée en ce moment aux bouches de l’Escaut. Mais l’ami-ral Missiessy, esprit froid, intelligent et ferme, s’y refusa, endisant qu’à Flessingue elle serait exposée à périr par lesbombes ou les fièvres de Walcheren, dans une immobilitédéshonorante. Il répondit de manœuvrer dans l’Escaut de