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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCHEREN.

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manière à ne perdre ni son honneur ni sa flotte, et obtint uneliberté d’action dont il fit bientôt un glorieux usage. L’Em-pereur ne prescrivit d’autre mesure que la mise en jugementdes malheureux capitaines qui avaient perdu leurs vaisseauxdans la rade de Rochefort.

L’expédition de Rochefort n’était pas celle que les Anglaisavaient le plus à cœur. Ils auraient été fort satisfaits sansdoute d’anéantir au mouillage l’une de nos principales flottes;mais ils voulaient surtout se délivrer de l’inquiétude, du resteexagérée, que leur causait Anvers. Ils se figuraient toujoursqu’avec le temps il pourrait sortir de ce port, non pas les dixvaisseaux qui mouillaient alors à Flessingue, mais vingt ettrente que Napoléon avait le moyen d’y construire, et surtoutune flotille, beaucoup plus dangereuse que celle de Boulogne,car elle pouvait en une marée jeter une armée de débarque-ment des bouches de l’Escaut aux bouches de la Tamise. Legrand armement qu’ils avaient promis à l’Autriche de fairepartir avant la fin des hostilités, et que depuis l’armistice deZnaïm ils promettaient de faire partir avant la fin des négocia-tions, ils l’achevaient en ce moment, non pour insurger l’Alle-magne, mais pour détruire les établissements maritimes desPays-Bas.

Deux raisons les décidaient à se diriger sur Anvers: l’im-portance de ce port, et l’espoir de n’y trouver aucun prépa-tif de défense. Des espions envoyés sur les lieux leur avaientappris qu’il n’y avait que sept à huit milles hommes sur lesdeux rives de l’Escaut, de Gand à Berg-op-Zoom. Avec dela hardiesse, ils pouvaient même aller plus loin, causer d’im-menses ravages, et répandre un jour bien fâcheux sur la po-litique qui, portant toutes nos forces à Lisbonne, à Madrid, àVienne, n’en gardait aucune pour protéger nos rivages. Leurardeur pour une expédition aux bouches de l’Escaut étaitdonc extrême, et ils avaient résolu d’y consacrer quarantemille hommes au moins, et douze ou quinze cents voiles.

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Juillet 1609.

Passion des An-glais pour ladestructiond'Anvers.

Raisons qui de'-ridentlesAnglaisà diriger versl’Escaut lagrande expédi-tion promise àl’Autriche,