TALAVERA ET WALCHEREN.
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On retardait ainsi les progrès de l’ennemi, et c’était assezpour faire échouer l’expédition britannique. La flotte avaitéchappé aux Anglais ; Anvers devenait d’heure en heure d’unaccès plus difficile pour eux; Flessingue seul était exposé àdevenir leur proie, et en tout cas on pouvait espérer qu’il se-rait leur unique trophée.
Lorsque Napoléon apprit par courrier extraordinaire lanouvelle de l’expédition de Walcheren, il n’en fut pas sur-pris, car il s’attendait à quelque entreprise sur les côtes, etdans cette prévision il avait laissé en France les deux demi-brigades provisoires de Paris, les trois du Nord, ainsi qu’uncertain nombre de compagnies d’artillerie, dont il n’avait pasun besoin indispensable. S’il n’en fut pas surpris, il en futencore moins troublé, car dès le premier moment il jugea laportée de cette expédition, et fut convaincu que, sauf quel-ques dépenses pour lui, tout le mal serait pour les Anglais,qui périraient inutilement de la fièvre, sans prendre Anversni la flotte, à moins que celle-ci n’eût été mal dirigée. S’ilavait jugé avec plus de désintéressement sa position, il auraitvu toutefois que cette expédition faisait à son gouvernementun genre de tort assez grave, celui de révéler d’une manièrefrappante les dangers d’une politique, qui, ayant 300 mille hom-mes en Espagne, 100 mille en Italie, 300 mille en Allemagne,n’avait pas un soldat pour garder Anvers, Lille et Paris.
Au premier abord, chose singulière, il ne fut point de l’avisde ceux qui avaient cru être du sien, c’est-à-dire de l’avisdu général Clarke, et de l’archichancelier Cambacérès '. L’un
t Dans cette curieuge affaire de Walcheren, pas plus que dans les autres,je ne fais de suppositions, ou même de conjectures. Je parle d’après lespièces authentiques, d’après la correspondance de Napoléon, de MM. Clarke,Fouché, Cambacérès, Decrès; d’après les mémoires inédits de l’archichan-celier Cambacérès, et je puis, appuyé sur ces documents inconnus jusqu’au-jourd’hui, rectifier les erreurs puériles répandues sur cet important événe-ment. Ainsi on a cru que la disgrâce de M. Fouché avait été due à ce que,
Août 1809.
Opinions et ré-solutions rte Na-poléon lorsqu'ilapprend l'expé-dition rte Wal-cheren.