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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Aodt 1809. e (, l’autre avaient suppose qu’il n’approuverait ni la réuniondes gardes nationales, ni la nomination du maréchal Berna-dotle. Ils l’avaient mal deviné. Bien que Napoléon n’aimâtpoint recourir à des populations raisonneuses qui mettent desconditions à leur concours, et qu’il pressentit tout ce qu’il yavait de haine pour lui dans le cœur du prince de Ponte-Corvo, néanmoins il savait sacrifier ses ombrages quand ilvoyait un grand intérêt à le faire. D’abord il n’était pas exac-tement renseigné sur l’importance de l’expédition de Walche-cheren, et quoique avec sa sagacité transcendante il entrevitle résultat définitif, il n’était pourtant pas exempt de toute in-quiétude en entendant parler de 40 à 50 mille soldats anglais,soldats dont l’Espagne lui avait appris la valeur. 11 ne pen-sait pas qu’il fallût dédaigner une telle force, et surtout il nevoulait pas qu’on pût demeurer indifférent à son apparition.11 aurait donc souhaité qu’au premier signal la nation se mon-trât indignée, et pressée de fondre sur l’ennemi insolent quiosait violer le sol de l'Empire. C’eût été réunir l’enthousiasmede 1792 avec l’ordre profond de 1809 ; mais on n’allie pas àvolonté des choses aussi contraires. Néanmoins, à mesurequ’il prend des années, le pouvoir devient singulièrementcomplaisant pour lui-même, quelque grand qu’il soit par l’es-prit. C’est une faiblesse de la durée. Napoléon, bien qu’ilcommençât à fatiguer la nation, bien que l’évidence de son

contre l’ordre ou la volonté de l’Empereur, il avait convoqué les gardes na-tionales, et fait nommer Bernadotte. C’est tout le contraire qui est la vé-rité. Plus tard, sans doute, Napoléon commença à blâmer la conduite deM. Fouché dans la levée des gardes nationales, et sa correspondance permetde fixer avec précision le moment et le motif de ce changement d’opinion.Nous le dirons en son lieu. Quant aux faits militaires de l’expédition, lavolumineuse enquête ordonnée en Angleterre, et la correspondance du mi-nistère de la guerre en France, fournissent les plus amples documents, etles plus suffisants. C'est de tous ces matériaux que j’ai fait usage, aprèsles avoir soigneusement compulsés, pour redresser les erreurs commises surce sujet, inexactement raconté, comme tous les autres, par les historienscontemporains.