TAL AVERA ET WALCHERBN.
171
ambition donnât aux guerres entreprises un-sens qui ne lui Août im.était pas favorable, Napoléon croyait qu’on lui devait tout;qu’au premier danger suscité par sa faute tous les Françaisdevaient être debout; et il s’était créé cl’eilleurs le préjugéd’un homme de génie, c’est qu’un gouvernement, quand il leveut, peut faire faire à une nation tout ce qui lui plaît. Il futdonc mécontent que ses ministres n’eussent pas, à la premièreapparition des Anglais sur le sol de l’Empire, fait appel à laFrance, provoqué son enthousiasme, réclamé son dévouement.
11 croyait qu’ils l’auraient dû, qu’ils l’auraient pu, et il blâmaleur extrême froideur. 11 jugeait surtout utile, et ici ce n’étaitplus faiblesse, mais raison supérieure, de dégoûter les An-glais de semblables expéditions, en jetant sur eux des mas-ses de peuple. Il regardait comme une grande convenancedu moment de prouver aux Autrichiens avec lesquels il né-gociait, que la France était prête à s’unir à lui; et enfin, sion veut connaître son dernier motif franchement exprimédans ses lettres, il désirait, la matière du recrutement com-mençant à lui manquer, s’en procurer une nouvelle, en tirantd’une forte commotion soixante à quatre-vingt mille jeunesgardes nationaux, qu’une fois levés il retiendrait sous le dra-peau, attacherait au métier des armes, et convertirait enconscrits de la plus belle espèce, car ils auraient tous devingt à trente ans. Il blâma donc amèrement le généralClarke, l’archichancelier Cambacérès de leur prudence ex-cessive, et blâma plus encore MM. Fouché et Decrès de n’a-voir pas persévéré dans l’avis qu’ils avaient ouvert, que MM.
Clarke et Cambacérès de ne s’y être pas rangés. Il écrivitaux uns et aux autres qu’il ne comprenait pas leurs hésita-tions; qu’au premier signal ils auraient dû lever soixante millegardes nationaux, convoquer le Sénat, s’en servir pour par-ler à la France, et prouver que derrière les armées employéesau loin, il restait la nation elle-même, prête à les appuyer, àles suppléer partout. Si on compare ces idées à celles qu’on