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LIVRE XXXVI.
Aolit 1809. lui a prêtées dans tous les récits contemporains, on verracombien l’histoire est rarement bien informée.
Loin d’en vouloir à M. Fouché d’avoir agité la nation, Na-poléon lui reprocha de ne l’avoir pas assez fortement remuée.Quant au choix du commandant en chef, il montra ici com-bien son jugement était supérieur à ses passions, quand ungrand intérêt l’exigeait. Il avait pour la vanité, l’ambition,le caractère tout entier du maréchal Bernadolte, une aversionprofonde, et devinait parfaitement ce que son cœur contenaitde trahison présente et future; et néanmoins le jugeant le seulhomme capable, entre tous ceux qui se trouvaient à portéedu théâtre de l’expédition britannique, de prendre le com-mandement, il regretta vivement qu’on ne l’eût pas nommégénéral en chef des troupes réunies dans le Nord. II reprochadonc à ses ministres de ne l’avoir pas choisi, et leur ordonnade lui conférer le commandement s’il en était temps encore.Il condamna tout aussi vivement l’idée qu’on avait eued’offrir le commandement au roi Louis. 11 commençait àconcevoir une extrême impatience de voir son frère gou-verner la Hollande dans un intérêt étroit, de le voir tolé-rer la contrebande, favoriser les relations clandestinesavec l’Angleterre, seconder médiocrement et souvent aban-donner la cause du blocus continental, abonder enfin dansun système d’économies, agréable aux Hollandais, maisdestructeur de leur armée et de leur marine. S’exagérantmême les torts de son frère envers la politique impériale, ilallait jusqu’à se défier de lui, et il reprocha à ses ministresde n’avoir pas vu que le roi Louis songerait en cette occasionà la Hollande plus qu’à la France, et pour préserver Amster-dam laisserait prendre Flessingue ou brûler Anvers. Rienn’était plus injuste qu’une telle supposition, car le roi Louisaccourait en ce moment au secours du territoire français, etpour couvrir Anvers découvrait Amsterdam. Mais irrité parune correspondance avec son frère qui devenait tous les