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LIVRE XXXVI.
Août 1809.
Attaque formida-ble de terre etde mer exécutéele 13 août.
Accablé par l’ar-tillerie ae terre«t de mer, le gé-néral Monnet estobligé de serendre et de li-vrer Flessingucaux Anglais.
llameskens. Le 12 les vaisseaux entrèrent dans la passe àla suite des frégates, et aussitôt le général anglais, ayantsommé Flessingue, fit agir les batteries de terre et de merà la fois. Jamais sur un moindre espace ne tonnèrent plusde bouches à feu. Les batteries de terre comptaient plus desoixante pièces de fort calibre, soit en canons de 24, soit engros mortiers. La division de vaisseaux, de frégates, debombardes, entrée par la passe du Deurloo, en avait de milleà onze cents qui ne cessaient de vomir des boulets, des obuset des bombes. Après vingt-quatre heures de cette effroya-ble canonnade, la ville se trouvait en feu : toutes les maisonsétaient percées à jour, toutes les toitures enfoncées. La popu-lation poussait des cris de désespoir. Les batteries qui avaientaction sur la mer ripostaient avec vigueur, et causaient àl’escadre britannique de sérieux dommages. Mais celle-ci étaitassez nombreuse pour remplacer dans la ligne les bâtimentsendommagés, et de plus, grâce à la liberté de ses mouve-ments , elle s’était placée de manière à atteindre nos batteriespar le travers. La lutte ne pouvait se soutenir longtempssans que nos canonniers fussent tous hors de combat. Dèsle 14 ils étaient pour la plupart tués ou blessés. On avaitcherché à les remplacer par des soldats de la ligne, maisceux-ci n’ayant aucune expérience ne pouvaient suppléer desartilleurs, et d’ailleurs les pièces elles-mêmes étaient presquetoutes démontées. Le 14 le général anglais, voyant les feuxde la place presque éteints, lui accorda un répit pour la som-mer de nouveau. Ne recevant pas la réponse immédiatement,il recommença à tirer. Cette nouvelle canonnade mit Flessin-gue dans un tel état qu’il n’était plus possible de résister. Onne ripostait point, car nos batteries étaient détruites jusqu’àla dernière. Les troupes, sauf les Français qui formaient lemoindre nombre, refusaient le service, et n’étaient occupéesqu’à piller. La population désolée demandait à se rendre, carplusieurs pans de mur abattus allaient l’exposer à un assaut.