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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Août 1809.

L’amiral Stra-ch&n, d'après lavolonté formellede lord Chatham,entreprend deconduire le grosde l'expéditionpar eau jusqu'aufond des deuxEscaut.

Arrivée du ma-récbalBernadotteà Anvers et sesmesures pour ladéfense de laplace.

gérait un nombre de jours indéterminé, tandis qu’en débar-quant où l’on était, on serait rendu à Batz en quarante-huitheures. Le commandant des forces de terre au contrairevoulait avoir tout son matériel déposé à Batz ou à Santvliet,alléguant l’impossibilité de parcourir avec ce matériel si en-combrant des terrains coupés parlant de bras de mer, decanaux, de digues, pour parvenir au fond des deux Escaut.Il faisait valoir surtout la nécessité d’avoir des moyens depassage pour franchir le canal de Berg-op-Zoom, et se trans-porter de l’île du sud Beveland sur le continent où est situéAnvers. Il est probable que le général sur qui pesait laresponsabilité de l’entreprise de terre, n’était pas fâché defaire traîner en longueur une expédition qui l’épouvantait,maintenant qu’il fallait cheminer sur le sol de l’Empire.

Après une forte altercation, le général comte Chatham, àqui appartenait de décider comment il emploierait son armée,ayant exigé qu’on transportât ses troupes et son matériel pareau jusqu’à Batz et Santvliet, l’amiral n’avait plus qu’à sesoumettre, et à entreprendre l’introduction de cet immensearmement dans les deux Escaut. C’est ce qu’il essaya eneffet, tant par l’Escaut oriental que par l’Escaut occidental,introduisant dans le premier les bâtiments de faible échan-tillon, et dans le second le grands bâtiments , tels que fréga-tes et vaisseaux. Mais il fallait chaque jour attendre la marée,et quand le vent n’était pas favorable se faire remorquer, ouse touer le long du rivage. A partir du 16 août tous les ma-rins de l’escadre furent employés à ce pénible labeur.

Pendant ce temps, le prince de Ponte-Corvo s’était renduà Anvers, où il était entré le 15, y apportant fort à proposl’autorité de son grade. Le roi Louis qui, au milieu de cetteconfusion de gens effarés, de troupes à peine organisées, nesavait plus à qui entendre, s’était empressé de transmettrele commandement au prince maréchal, et s’était retiré à Berg-op-Zoom, de Berg-op-Zoom à Amsterdam, pour veiller à la