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Tome quatrième.
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DB LA CONSTITUTION DE GENÈYE. 523

dont l’usage même subsiste encore, mais beaucoup restreint et modifié.Voici quelle en étoit la forme : chaque conseil s’assenibloit à [une épo-que déterminée pour grabeler ses subordonnés, et même, en certaincas, ses propres membres. En l’absence du grabelé, chaque membre,opinant à son tour, disoit ce qu’il pensoit du sujet dont il s’agissoit,tant en bien qu’en mal. Un certain nombre d’opinions défavorablesétoit pour le grabelé un titre d’exclusions ; mais, dans les temps tran-quilles, cette exclusion étoit à peu près sans exemple, et le présidentdu corps gvabelant, qui venoit rendre compte du résultat de l’opéra-tion au grabelé, n’avoit, pour l’ordinaire, à lui faire que des compli-ments. Les candidats pour un office étoient également, avant l'élection,grabelés par le corps élisant.

Outre cette censure dans l’ordre politique, il en existoit une secondedans l’ordre moral, exercée d'un côté par le consistoire, de l’autre parla chambre de réforme. Cette chambre, composée d’un syndic et dequelques membres du petit conseil et du deux-cents, veilloit unique-ment à la répression du luxe et au maintien des lois somptuaires.

Quand des citoyens ou bourgeois, réunis en plus ou moins grandnombre, adressoient, sous forme de représentations, soit au petit con-seil , soit au deux-cents , leurs plaintes ou griefs contre quelque trans-gression de loi ou empiétement d’autorité, chacun de ces deux conseilsfaisoit souvent valoir, pour toute raison, ce qu’ils appeloient leurdroit négatif , droit par lequel ils se prétendoient autorisés à rejeter,sans être tenus d’en donner aucun motif, les demandes qui leur étoientfaites.

Tous ces documents nous sont fournis par deux historiens gene-vois (*), et l’un d’eux y ajoute celte observation, que le gouvernementde Genève, sous ces formes populaires en apparence, formoit une vé-ritable aristocratie héréditaire. « Un assez petit nombre de familles« patriciennes étoient en possession des honneurs et des places impor-« tantes. Les affaires de l’état se traitoient presque uniquement dans« le petit conseil ou dans celui des deux-cents, et le conseil-général« n’étoit assemblé chaque année que pour quelques élections, et encore« se trouvoit-il tellement dans la dépendance du petit conseil, que son« influence étoit presque nulle... Son élection, quelle qu’elle fût, tom-« boit toujours sur les mêmes familles... D’ailleurs, il étoit composé« d’individus dont un grand nombre dépendoit, sous divers rapports,« des chefs de l’état ; et si quelques citoyens avoient essayé de remuer« et de faire valoir d’anciennes prérogatives, le petit conseil leur auroitn facilement fermé la bouche par un acte d’autorité. » (Picot, tome III,page -192).

A la vérité le même historien nous apprend encore que, « si les

(*) D’Yvebnois, Tableau des deux dernières révolutions de Genève, <789, 2vol>kiS°i Picot, Histoire de Genève, 3 yoI. in-8*.