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Tome quatrième.
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TABLEAU

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« citoyens ne possédoienf pas des droits politiques considérables.

« un gouvernement paternel ne négligeoit rien de ce qui pou voit con-« tribuerà leur bonheur...; ils éloienl aussi heureux qu'ils pouvoient« raisonnablement le desirer. » ( Picot, t. III, page 195 ).

Cet heureux état de choses se conçoit aisément dans une si petiterépublique; mais il faut dire aussi que cette paternité du gouvernementn'avoit aucune garantie réelle, et elle se démenloit cruellement elle-même quand ce gouvernement, ayant reçu des réclamations ou de-mandes auxquelles il s’étoit refusé d’accéder, avoit pu concevoir quel-ques craintes pour le maintien de son pouvoir. Les faits que Rousseaurapporte et qui n’ont pas été contestés, et beaucoup d’autres encorenon moins graves, et dont il ne parle pas, prouvent trop bien quetrès souvent les lois fondamentales et les formes conservatrices de lavie et des propriétés furent violées de la manière la plus odieuse, no-tamment lorsqu'en 1707 , à l’occasion d’un mouvement populaire, lepetit conseil, s’étant procuré le secours de quatre cents soldats ber-nois et zurichois, fit fusiller en secret et dans sa prison Pierre Falio,qui s’éloit montré le plus ardent défenseur de la liberté à cette époque,et qu’au mépris d’une amnistie solennelle, plus de quatre-vingts per -sonnes furent exilées et flétries.

De nouveaux abus d’autorité excitèrent, en 1758. un mouvementsemblable; il y eut prise d’armes et même hostilités ouvertes, pour lacessation desquelles la France, Zurich et Berne offrirent leur arbi-trage. Cet arbitrage fut accepté, et il en résulta l’édit constitutionnel dela même année, auquel les puissances médiatrices ajoutèrent un acte degarantie mutuelle.

Enfin, le décret lancé contre Rousseau, en 1702, fut le signal d’unetroisième révolution, en donnant lieu à des représentations sur l’inob-servation des lois à son égard. Le petit conseil ne répondit aux repré-sentants que par l’exercice du droit négatif. Ce refus de rendre justiceamena de la part des citoyens et bourgeois, réunis en conseil-général,celui d’élire des syndics, selon l’usage ; ce qui étoit sans exemple dansles fastes de la république.

A peu près dans le même temps, un citoyen, nommé Robert Covelle,qui avoit encouru les censures ecclésiastiques pour une faute honteuse,refusa de se mettre à genoux devant le consistoire, suivant l’usage;et ce refus, qui, dans un autre temps, eut à peine attiré l’attention, ap-puyé cette fois par un assez grand nombre de citoyens, fut une causenouvelle de discorde. Dans ces circonstances, l'ouvrage de Rousseauet une Réponse aux Lettres écrites de la campagne, brochure compo-sée par quelques représentants, ne contribuèrent pas peu à exaspérerles esprits. « Genève, dit l'historien cité plus haut, relraçoit le tableau« que Rome avoit déjà offert au monde : d’un côté, les patriciens ,

« formant le petit nombre, entraînés à des concessions qui devenoieni