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Tome quatrième.
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PARTIE I , LETTRE I.

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ma cause. Je serois le dernier des hommes, si, dans une telle occasi on, j’écou-tois un sentiment qui n’est plus ni douceur ni patience, mais faiblesse et lâ-cheté, dans celui qu’il empêche de remplir son devoir.

Rien de moins important pour le public , j’en conviens, que la matière deces Lettres. La constitution d’une petite république, le sort d’un petit particu-lier, l’exposé de quelques injustices, la réfutation de quelques sophismes ; toutcela n’a rien en soi d’assez considérable pour mériter beaucoup de lecteurs :mais si mes sujets sont petits, mes objets sont grands, et dignes de l’attentionde tout honnête homme. Laissons Genève à sa place, et Rousseau dans sa dé-pression; mais la religion, mais la liberté, la justice! voilé, qui que voussoyez, ce qui n'est pas au-dessous de vous.

Qu’on ne cherche pas même ici dans le style le dédommagement de l'ariditéde la matière. Ceux que quelques traits heureux de ma plume ont si fort irri-tés trouveront de quoi s’apaiser dans ces Lettres. L’honneur de défendre unopprimé eût enflammé mon cœur si j’avois parlé pour un autre : réduit autriste emploi de me défendre moi-même, j’ai dû me borner à raisonner ; m’é-cbauffer eût été m’avilir. J’aurai donc trouvé grâce en ce point devant ceuxqui s’imaginent qu’il est essentiel à la vérité d’être dite froidement; opinionque pourtant j’ai peine à comprendre. Lorsqu’une vive persuasion nous ani-me, le moyen d’employer un langage glacé ? Quand Archimède, tout trans-porté, couroit nu dans les rues de Syracuse, en avoit-il moins trouvé la vé-rité, parce qu’il se passionnoit pour elle? Tout au contraire, celui qui lasent ne peut s’abstenir de l’adorer ; celui qui demeure froid ne l’a pas vue.

Quoi qu'il en soit, je prie les lecteurs de vouloir bien mettre à part monbeau style, et d’examiner seulement si je raisonne bien ou mal; car enfin, decela seul qu’un auteur s’exprime en bons termes, je ne vois pas comment ilpeut s’ensuivre que cet auteur ne sait ce qu’il dit.

PREMIÈRE PARTIE.

LETTRE PREMIÈRE.

Etat de la question par rapport à l’auteur. Si elle est de la compétence destribunaui civils. Manière injuste de la résoudre.

Non, monsieur, je ne vous blâme point de ne vous être pas jointaux représentants pour soutenir ma cause. Loin d’avoir approuvémoi-même cette démarche, je m’y suis opposé de tout mon pou-voir, et mes parents s’en sont retirés à ma sollicitation. L'on s’esttu quand il falloit parler; on a parlé quand il ne restait qu’à setaire. Je prévis l’inutilité des représentations, j’en pressentis lesconséquences ; je jugeai que leurs suites inévitables troubleroientle repos public, ou changeraient la constitution de l’état. L’évé-