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Tome quatrième.
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530 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

« ne jeter aucun regard sur celui qui en étoit présumé l'auteur. »

Au reste, le décret porté contre moi n’est, continuent-ils, « ni« un jugement, ni une sentence, mais un simple appointement« provisoire, qui laissoit dans leur entier mes exceptions et dé-fi fenses, et qui, dans le cas prévu, servoit de préparatoire à la« procédure prescrite par les édits et par l’ordonnance ecclésias-(i tique. »

A cela les représentants, sans entrer dans l’examen de la doc-trine, objectèrent : «que le conseil avoit jugé sans formalités préli-« minaires ; que l’article lxxxvtii de l’ordonnance ecclésiastique« avoit été violé dans ce jugement ; que la procédure faite en 1562« contre Jean Morelli à forme de cet article en montroit claire-« ment l’usage, et donnoit par cet exemple une jurisprudence« qu’on n’auroit pas dû mépriser ; que cette nouvelle manière de« procéder étoit même contraire à la règle du droit naturel ad-« mise chez tous les peuples, laquelle exige que nul ne soit con-« damné sans avoir été entendu dans ses défenses ; qu’on ne peut« flétrir un ouvrage sans flétrir en même temps l’auteur dont il« porte le nom ; qu’on ne voit pas quelles exceptions et défenses il« reste à un homme déclaré impie, téméraire, scandaleux dans« ses écrits, et après la sentence rendue et exécutée contre ces« mêmes écrits, puisque les choses n’étant point susceptibles d’in-« famie, celle qui résulte de la combustion d’un livre par la« main du bourreau rejaillit nécessairement sur l’auteur : d’où il« suit qu’on n’a pu enlever à un citoyen le bien le plus précieux,« l’honneur; qu’on ne pouvoit détruire sa réputation, son état,« sans commencer par l’entendre ; que les ouvrages condamnés« et flétris méritoient du moins autant de support et de tolérance« que divers autres écrits où l’on fait de cruelles satires sur la re-« ligion, et qui ont été répandus et même imprimés dans la ville ;« qu’enfm par rapport aux gouvernements, il a toujours été per-« mis dans Genève de raisonner librement sur cette matière gé-« nérale ; qu’on n’y défend aucun livre qui en traite; qu’on n’y« flétrit aucun auteur pour en avoir traité, quel que soit son sen-« timent; et que, loin d’attaquer le gouvernement de la républi-« que en particulier, je.ne laisse échapper aucune occasion d’en« faire l’éloge. »

A ces objections il fut répliqué de la part du conseil, « que ce« n’est point manquer à la règle qui veut que nul ne soit condamné« sans l’entendre, que de condamner un livre après en avoir pris