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Tome quatrième.
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PARTIE I, LETTRE I. 535

objections et des doutes. Posons, ce qui n’est pas, que ces doutessoient des négations. Mais elle est affirmative dans sa plus grandepartie ; elle est affirmative et démonstrative sur tous les pointsfondamentaux de la religion civile; elle est tellement décisive snrtout ce qui tient à la Providence éternelle, à l’amour du prochain,à la justice, à la paix, au bonheur des hommes, aux lois de la so-ciété, à toutes les vertus, que les objections, les doutes même, yont pour objet quelque avantage ; et je défie qu’on m'y montreun seul point de doctrine attaqué que je ne prouve être nuisibleaux hommes ou par lui-même ou par ses inévitables effets.

La religion est utile et même nécessaire aux peuples. Ceian’est-il pas dit, soutenu, prouvé dans ee même écrit? Loin d’attaquerles vrais principes de la religion, l’auteur les pose, les affermit detout son pouvoir ; ce qu’il attaque, ce qu’il combat, ce qu’il doitcombattre, c’est le fanatisme aveugle, la superstition cruelle, lestupide préjugé. Mais il faut, disent-ils, respecter tout cela. Maispourquoi? parceque c’est ainsi qu’on mène les peuples. Oui, c’estainsi qu’on les mène à leur perte. La superstition est le plus ter-rible fléau du genre humain; elle abrutit les simples, elle persé-cute les sages, elle enchaîne les nations, elle fait partout centmaux effroyables : quel bien fait-elle? Aucun: si elle enfait, c’estaux tyrans; elle est leur arme la plus terrible, et cela même estle plus grand mal qu’elle ait jamais fait.

Ils disent qu’en attaquant la superstition je veux détruire lareligion même : comment le savent-ils? Pourquoi confondent-ilsces deux causes que je distingue avec tant de soin? Comment ne, voient-ils point que cette imputation réfléchit contre eux danstoute sa force, et que la religion n’a point d’ennemis plus terriblesque les défenseurs de la superstition ? Il seroît bien cruel qu’il fûtsi aisé d’inculper l’intention d’un homme, quand il est si difficile, de la justifier. Par cela même qu’il n’est pas prouvé qu’elle est; mauvaise, on la doit juger bonne : autrement qui pourrait être à: l’abri des jugements arbitraires de ses ennemis? Quoi ! leur sim-! pie affirmation fait preuve de ce qu’ils ne peuvent savoir ; etla mienne, jointe à toute ma conduite, n’établit point mes propressentiments ? Quel moyen me reste donc de les faire connoître? L e• bien que je sens dans mon cœur, je ne puis le montrer, je l’avoue;. mais quel est l’homme abominable qui s’ose vanter d’y voir le; mal qui n’y fut jamais ?

Plus on serait coupable de prêcher l’irréligion, dit très bien