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Tome quatrième.
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538 LETTRES ÉCRITES DE LA M0XTAGNE.

A cela les autres diront paisiblement : « Mes frères, nous ne« marchandons point, car notre foi n’est pas un commerce : vous« supposez qu’il dépend de nous d’admettre ou de rejeter comme« il nous plaît; mais cela n’est pas, et notre raison n’obéit point à<. notre volonté. Nous aurions beau vouloir que ce qui nous pa-« roît faux nous parût vrai, il nous paroitroit faux malgré nous.« Tout ce qui dépend de nous est de parler selon notre pensée ou« contre notre pensée, et notre seul crime est de ne vouloir pas« vous tromper.

« Nous reconnoissons l'autorité de Jésus-Christ, parceque notre« intelligence acquiesce à ses préceptes et nous en découvre la« sublimité. Elle nous dit qu’il convient aux hommes de suivre« ces préceptes, mais qu’il étoit au-dessus d'eux de les trouver.« Nous admettons la révélation comme émanée de l’esprit de« Dieu, sans en savoir la manière, et sans nous tourmenter pour« la découvrir ; pourvu que nous sachions que Dieu a parlé, peu« nous importe d’expliquer comment il s’y est pris pour se faire« entendre. Ainsi, reconnoissaut dans l’Évangile l’autorité divine,« nous croyons Jésus-Christ revêtu de cette autorité; nous re-« connoissons une vertu plus qu’humaine dans sa conduite, et une« sagesse plus qu’humaine dans ses leçons. Voilà ce qui est bien« décidé pour nous. Comment cela s’est-il fait? Voilà ce qui ne« l’est pas; cela nous passe. Cela ne vous passe pas, vous; à la« bonne heure ; nous vous en félicitons de tout notre cœur. Votre« raison peut être supérieure à la nôtre; mais ce n’est pas à dire<i qu’elle doive nous servir de loi. Nous consentons que vous sa-« chiez tout ; souffrez que nous ignorions quelque chose.

« Vous nous demandez si nous admettons tout l’Évangile.« Nous admettons tous les enseignements qu’a donnés Jésus« Christ. L’utilité, la nécessité de la plupart de ces enseignements« nous frappe, et nous tâchons de nous y conformer. Quelques« uns ne sont pas à notre portée ; ils ont été donnés sans doute« pour des esprits plus intelligents que nous. Nous ne croyonsa point avoir atteint les limites de la raison humaine, et les(. hommes plus pénétrants ont besoin de préceptes plus éle-« vés.

« Beaucoup de choses dans l’Évargile passent notre raison, et« même la choquent ; nous ne les rejetons pourtant pas. Couvain-« eus de la foiblesse de notre entendement, nous savons respecter« ce que nous ne pouvons concevoir, quand l’association de ce