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Tome quatrième.
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542 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE,

faitement par leur conduite, et qu’ils seroient moins opposés parleurs sentiments à beaucoup de sectes qui le prennent, et à quion ne le dispute pas, que plusieurs de ces mêmes sectes ne sontopposées entre elles. Ce ne seroient pas, si l’on veut, des chré-tiens à la mode de saint Paul, qui étoit naturellement persécu-teur, et qui n’avoit pas entendu Jésus-Christ lui-même; mais ceseroient des chrétiens à la mode de saint Jacques, choisi par lemaître en personne , et qui avoit reçu de sa propre bouche lesinstructions qu’il nous transmet. Tout ce raisonnement est biensimple, mais il me paroit concluant.

Vous me demanderez peut-être comment on peut accordercette doctrine avec celle d’un homme qui dit que l’Évangile estabsurde et pernicieux à la société? En avouant franchement quecet accord me paroit difficile, je vous demanderai à mon tour oùest cet homme qui dit que l’Évangile est absurde et pernicieux.Vos messieurs m’accusent de l’avoir dit : et où? Dans le Contratsocial, au chapitre de la religion civile. Voici qui est singulier !Dans ce même livre et dans ce même chapitre je pense avoir ditprécisément le contraire ; je pense avoir dit que l’Évangile est su-blime , et le plus fort lien de la société ('). Je ne veux pas taxerces messieurs de mensonge ; mais avouez que deux propositionssi contraires dans le même livre et dans le même chapitre doiventfaire un tout bien extravagant.

N’y auroit-il point ici quelque nouvelle équivoque, à la faveurde laquelle on me rendît plus coupable ou plus fou que je ne suis?Ce mot de société présente un sens un peu vague : il y a dans lemonde des sociétés de bien des sortes, et il n’est pas impossibleque ce qui sert à l’une nuise à l’autre. Voyons : la méthode favo-rite de mes agresseurs est toujours d’offrir avec art des idées in-déterminées; continuons pour toute réponse à tâcher de les fixer.

Le chapitre dont je parle est destiné, comme on le voit par letitre, à examiner comment les institutions religieuses peuvent en-trer dans la constitution de l’état. Ainsi ce dont il s’agit ici n’estpoint de considérer les religions comme vraies ou fausses, nimême comme bonnes ou mauvaises en elles-mêmes, mais de lesconsidérer uniquement par leurs rapports aux corps politiques,et comme parties de la législation.

Dans cette vue, l’auteur fait voir que toutes les anciennes reli-gions, sans en excepter la juive, furent nationales dans leur ori-

(') Contrat social.