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Tome quatrième.
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548 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

lois ('). où l'on impose en devoir la persécution ( 2 ), où, pourporter les peuples au brigandage, on fait du bonheur éternel leprix de la force et la conquête des hommes violents ( 3 ).

Figurez-vous une ame infernale analysant ainsi tout l’Évangile,formant de cette calomnieuse analyse, sous le nom de Professionde foi évangélique, un écrit qui feroit horreur, et les dévots pha-risiens prônant cet écrit d’un air de triomphe comme l’abrégé desleçons de Jésus-Christ. Voilà pourtant jusqu’où peut mener cetteindigne méthode. Quiconque aura lu mes livres, et lira les im-putations de ceux qui m’accusent, qui me jugent, qui me con-damnent , qui me poursuivent, verra que c’est ainsi que tousm’ont traité.

Je crois vous avoir prouvé que ces messieurs ne m’ont pas jugéselon la raison : j’ai maintenant à vous prouver qu’ils ne m’ontpas jugé selon les lois. Mais laissez moi reprendre un instant ha-leine. A quels tristes essais me vois-je réduit à mon âge ! Devois-je apprendre si tard à faire mon apologie? Étoit-ce la peine decommencer ?

LETTRE II.

De la religion de Genève. Principes de la réformation. L’auteur entame ladiscussion des miracles.

J’ai supposé, monsieur, dans ma précédente lettre, que j’avoiscommis en effet contre la foi les erreurs dont on m’accuse, etj’ai fait voir que ces erreurs, n’étant point nuisibles à la société,n’étoient pas punissables devant la justice humaine. Dieu s’estréservé sa propre défense, et le châtiment des fautes qui n’offen-sent que lui. C’est un sacrilège à des hommes de se faire les ven-geurs de la Divinité, comme si leur protection lui étoit nécessaire.Les magistrats, les rois, n’ont aucune autorité sur les âmes; etpourvu qu’on soit fidèle aux lois de la société dans ce monde, cen’est point à eux de se mêler de ce qu’on deviendra dans l’autre,où ils n’ont aucune inspection. Si l’on perdoit ce principe de vue,les lois faites pour le bonheur du genre humain en seroient bien-tôt le tourment; et, sous leur inquisition terrible, les hommes,jugés par leur foi plus que par leurs œuvres, seroient tous à lamerci de quiconque voudrait les opprimer.

Si les lois n'ont nulle autorité sur les sentiments des hommes

W Matth., xn, 2et seq. - («}Luc, xiv, 23. -( 5 ) îiattli. xi,)2,