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Tome quatrième.
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558 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE,

tant de proposer ses doutes sur ce qu’il trouve douteux, et sesobjections sur ce qu’il en trouve susceptible? Si ce qui vous pa-roît clair me paroît obscur, si ce que vous jugez démontré ne mesemble pas l’être, de quel droit prétendez-vous soumettre ma rai-son à la vôtre, et me donner votre autorité pour loi, comme sivous prétendiez à l’infaillibilité du pape ? N’est-il pas plaisant qu’ilfaille raisonner en catholique, pour m’accuser d’attaquer les pro-testants ?

Mais ces objections et ces doutes tombent sur les points fon-damentaux de la foi ? Sous l’apparence de ces doutes, on a ras-semblé tout ce qui peut tendre à saper, ébranler et détruire lesprincipaux fondements de la religion chrétienne ? Voilà quichange la thèse : et si cela est vrai, je puis être coupable ; maisaussi c’est un mensonge, et un mensonge bien impudent de lapart de gens qui ne savent pas eux-mêmes en quoi consistent lesprincipes fondamentaux de leur christianisme. Pour moi, je saistrès bien en quoi consistent les principes fondamentaux du mien,et je l’ai dit. Presque toute la profession de foi de la Julie est af-firmative ; toute la première partie de celle du vicaire est affir-mative ; la moitié de la seconde partie est encore affirmative ;une partie du chapitre de la religion civile est affirmative ; laLettre à M. l’archevêque de Paris est affirmative. Voilà, mes-sieurs, mes articles fondamentaux : voyons les vôtres.

Us sont adroits, ces messieurs; ils établissent la méthode dediscussion la plus nouvelle et la plus commode pour des persécu-teurs. Ils laissent avec art tous les principes de la doctrine incer-taius et vagues. Mais un auteur a-t-il le malheur de leur déplaire,ils vont furetant dans ses livres quelles peuvent être ses opinions.Quand ils croient les avoir bien constatées, ils prennent les con-traires de ces mêmes opinions, et en font autant d’articles de foi :ensuite ils crient à l’impie, au blasphème, parceque l’auteur n’apas d’avance admis dans ses livres les prétendus articles de foiqu’ils ont bâtis après coup pour le tourmenter.

Comment les suivre dans ces multitudes de points sur lesquelsils m’ont attaqué? comment rassembler tous leurs libelles? com-ment les lire? qui peut aller trier tous ces lambeaux, toutes cesguenilles, chez les fripiers de Genève ou dans le fumier du Mer-cure de Neufchâtel? Je me perds, je m’embourbe au milieu detant de bêtises. Tirons de ce fatras un seul article pour servird’exemple, leur article le plus triomphant, celui pour lequel leurs