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Tome quatrième.
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PABTIE I, EETTBE II. Ô6U

prédicants ('J se sont mis en campagne, et dont ils ont fait le plusde bruit : les miracles.

J’entre dans un long examen. Pardonnez-m’en l’ennui, je voussupplie. Je ne veux discuter ce point si terrible que pour vousépargner ceux sur lesquels ils ont moins insisté.

Ils disent donc : « Jean-Jacques Rousseau n’est pas chrétien,« quoiqu’il se donne pour tel ; car nous, qui certainement le som-« mes, ne pensons pas comme lui. Jean-Jacques Rousseau ne croit« point à la révélation, quoiqu’il dise y croire : en voici la preuve.

« Dieu ne révèle pas sa volonté immédiatement à tous les hom-« mes. Il leur parle par ses envoyés, et ces envoyés ont pour« preuve de leur mission les miracles. Donc quiconque rejette les« miracles rejette les envoyés de Dieu ; et qui rejette les envoyés« de Dieu rejette la révélation. Or Jean-Jacques Rousseau rejette« les miracles. »

Accordons d’abord et le principe et le fait comme s’ils étoientvrais : nous y reviendrons dans la suite. Cela supposé, le raison-nement précédent n’a qu’un défaut, c’est qu’il fait directementcontre ceux qui s’en servent. Il est très bon pour les catholiques,mais très mauvais pour les protestants. Il faut prouver à montour.

Vous trouverez que je me répète souvent; mais qu’importe?Lorsqu’une même proposition m’est nécessaire à des argumentstout différents, dois je éviter de la reprendre ? Cette affectation se-roit puérile. Ce n’est pas de variété qu’il s’agit, c’est de vérité,de raisonnements justes et concluants. Passez le reste, et ne son-gez qu’à cela.

Quand les premiers; réformateurs commencèrent à se faire en-tendre, l’Église universelle étoit en paix; tous les sentimentsétoient unanimes, il n’y avoit pas un dogme essentiel débattuparmi les chrétiens.

Dans cet état tranquille, tout-à-coup deux ou trois hommesélèvent leur voix, et crient dans toute l’Europe : Chrétiens, pre-nez garde à vous; on vous trompe, on vous égare, on vous mènedans le chemin de l’enfer : le pape est l’antechrist, le suppôt deSatan ; son Église est l’école du mensonge. Vous êtes perdus sivous ne nous écoutez.

O Je n'aurois point employé ce terme, qne je trouvois déprisant, si l'exemple duconseil de Genève, qui s'en servoit en écrivant au cardinal de Fleury, ne m'eût appris' uc mon scrupule étoit mal fondé.