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Tome quatrième.
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594 LETTRES ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

qui sa vent montrer le soleil à minuit, savent le cacher à midi.

L’adresse ordinaire aux sophistes est d'entasser force argu-ments pour en couvrir la foiblesse. Pour éviter des répétitions etgagner du temps, divisons ceux des Lettres écrites de la cam-pagne , bornons-nous aux plus essentiels ; laissons ceux que j’aici-devant réfutés ; et, pour ne point altérer les autres, rappor-tons-les dans les termes de l’auteur.

C’est d’après nos lois dit-il, que je dois examiner ce qui s’estfait à l’égard de M. Rousseau. Fort bien; voyons.

Le premier article du serment des bourgeois les oblige à vi-vre selon la réformation du saint Evangile. Or, je le demande,est-ce vivre selon l’Évangile, que d'écrire contre ïEvangile?

Premier sophisme. Pour voir clairement si c’est là mon cas,remettez dans la mineure de cet argument le mot réformation,que l’auteur en ôte, et qui est nécessaire pour que son raisonne-ment soit concluant.

Second sophisme. Il ne s’agit pas, dans cet article du serment,d’écrire selon la réformation, mais de vivre selon la réformation.Ces deux choses, comme on l’a vu ci-devant, sont distinguées dansle serment même; et l’on a vu encore s’il est vrai que j’aie écrit nicontre la réformation ni contre l’Évangile.

Le premier devoir des syndics et conseil est de maintenir lapure religion.

Troisième sophisme. Leur devoir est bien de maintenir la purereligion, mais non pas de prononcer sur ce qui est ou n’est pas lapure religion. Le souverain les a bien chargés de maintenir lapure religion, mais il ne les a pas faits pour cela juges de la doc-trine. C’est un autre corps qu’il a chargé de ce soin, et c’est cecorps qu’ils doivent consulter sur toutes les matières de religion,comme ils ont toujours fait depuis que votre gouvernement existe.En cas de délit en ces matières, deux tribunaux sont établis, l’unpour le constater, et l’autre pour le punir; cela est évident par lestermes de l’ordonnance : nous y reviendrons ci-après.

Suivent les imputations ci-devant examinées, et que par cetteraison je ne répéterai pas : mais je ne puis m’abstenir'de transcrireici l’article qui les termine; il est curieux.

Il est vrai que M. Rousseau et ses partisans prétendent queces doutes %’altaquent point réellement le christianisme , qu’àcela près il continue d’appeler divin. Mais si un livre, caracté-risé comme ?Évangile l’est dans les ouvrages de M. Rousseau,