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Tome quatrième.
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PARTIE I, LETTRE V. 599

vrai ; voilà ce que prouvent et ma Réponse au roi de Pologne ,et ma Leüre à M. d’Alcmbert, et VHéloïse, et VÉmile, et tousmes écrits, qui respirent le même amour pour l’Évangile, lamême vénération pour Jésus-Christ. Mais qu’il s’ensuive de làqu’en rien je puisse approcher de mon maître, et que mes livrespuissent suppléer à ses leçons, c’est ce qui est faux, absurde,abominable ; je déteste ce blasphème, et désavoue cette témérité.Rien ne peut se comparer à l’Évangile; mais sa sublime simpli-cité n’est pas également à la portée de tout le monde. Il faut quel-quefois, pour l’y mettre, l’exposer sous bien des jours. Il fautconserver ce livre sacré comme la règle du maître, et les mienscomme les commentaires de l’écolier.

J’ai traité jusqu’ici la question d’une manière un peu générale;rapprochons-la maintenant des faits, par le parallèle des procédu-res de 1563 et de 1762 , et des raisons qu’on donne de leurs dif-férences. Comme c’est ici le point décisif par rapport à moi, je nepuis, sans négliger ma cause, vous épargner ces détails, peut êtreingrats en eux-mêmes, mais intéressants, à bien des égards, pourvous et pour vos concitoyens. C’est une autre discussion, qui nepeut être interrompue, et qui tiendra seule une longue lettre.Mais, monsieur , encore un peu de courage; ce sera la dernièrede cette espèce dans laquelle je vous entretiendrai de moi.

LETTRE V.

Continuation du même sujet. Jurisprudence tirée des procédures faites encas semblables. But de l'auteur en publiant la Profession de fui.

Après avoir établi, comme vous avez vu, la nécessité de sévircontre moi, l’auteur des Lettres prouve, comme vous allez voir,que la procédure faite contre Jean Morelli, quoique exactementconforme à l’ordonnance, et dans un cas semblable au mien, n’é-toit point un exemple à suivre à mon égard ; attendu , première-ment, que le conseil, étant au-dessus de l’ordonnance, n’estpoint obligé de s’y conformer; que d’ailleurs mon crime, étantplus grave que le délit de Morelli, devoit être traité plus sévère-ment. A ces preuves l’auteur ajoute qu’il n’est pas vrai qu’on m’aitjugé sans m’entendre, puisqu’il sufflsoit d’entendre le livre même;et que la flétrissure du livre ne tombe en aucune façon sur l’au-teur; qu’enfin les ouvrages qu’on reproche au conseil d’avoir to-lérés sont innocents et tolérables en comparaison des miens.